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LES MIGRATIONS ET LA POLITIQUE SUR LES
GRANDES VILLES À ROTTERDAM
4. Suivi propre au secteur
4.1 Introduction
Dans l'entente entre le
gouvernement central et le G4, on insistait beaucoup sur les
résultats. Il ne suffit pas d'attribuer des budgets, parce qu'on
ne peut contrôler que si l'argent a été ou non consacré aux
objectifs établis. Il faut aussi vérifier dans quelle mesure
ces objectifs ont été atteints. C'est pourquoi il faut aussi
tenter de rendre quantifiables les résultats prévus dans les
cinq domaines de politique choisis. Dans ce contexte, on parle de
points d'étalonnage. Cette méthode permet de vérifier
les progrès.
Pour être en mesure d'orienter
correctement la GSB, il faut disposer de renseignements sur tous
les aspects pertinents, non seulement l'aspect objectif (données
statistiques) et l'aspect subjectif (données de sondage), mais
aussi sur la coopération entre les organismes décideurs et la
participation des groupes cibles concernés. De plus, il faut
mettre en évidence l'interaction entre les divers éléments. On
peut ainsi contrôler la spirale descendante de la tendance qu'il
faut renverser. Pour ce faire, il faut disposer d'un modèle dans
lequel la politique est considérée comme un élément qui
progresse selon des cycles consécutifs. À l'intérieur de ces
cycles, le caractère intégré de la politique peut se
manifester dans la coordination entre les divers éléments de
mesures qui devraient lui donner une valeur ajoutée. La figure
4.1 présente un modèle de politique cyclique lié aux principes
fondamentaux de l'approche propre au secteur de Rotterdam :
politique de renversement des tendances, d'intégration et de
soutien, tel que décrite dans le chapitre précédent.
Les divers éléments constituant
l'approche propre au secteur, décrits dans le chapitre
précédent, sont intégrés au modèle. Le point de départ est
l'ensemble des circonstances entourant l'approche propre au
secteur au début, auquel le programme intégré tente de fournir
une réponse. Le point de départ de l'intégration est révélé
dans les aspects suivants : inscription par divers organismes,
coopération des organismes, réflexion sur les progrès et les
résultats et interaction avec d'autres domaines. Le point de
départ du soutien est révélé dans les aspects suivants :
perception et participation des groupes cibles.
4.2 Instruments de
recherche
Les instruments de recherche
utilisés pour le suivi propre au secteur sont liés aux /aspects
de la politique décrits dans le modèle de politique cyclique.
Schème 4.1 Aspects de la
politique et instruments de recherche
| Aspect de politique: |
Instrument de recherche: |
Fonction : |
| Inscription |
Statistiques
sur le secteur |
Collecte/description
des données |
| Perception |
Sondage
de secteur |
Collecte/description
des données |
| Coopération |
Mesure
du processus |
Collecte/description
des données |
| Participation |
Mesure
de l'activation |
Collecte/description
des données |
| Réflexion |
Analyse
intégrée |
Interprétation
et avis |
| Interaction |
Analyse
comparative |
Interprétation
et avis |
La fonction de ces six
instruments de recherche est de contrôler la mise en uvre
du plan de secteur dans le contexte de la situation de départ,
et la façon dont elle se poursuit ensuite. Ces instruments
peuvent être divisés en deux catégories, soit :
* instruments de
recherche servant à recueillir et décrire les données
(instruments de recherche descriptive);
* instruments de
recherche servant à interpréter et à conseiller
(instruments de recherche interprétative)
Les instruments de recherche
descriptive sont axés sur les quatre aspects de la politique
liés aux progrès dans un certain cycle politique, soit
inscription, perception, coopération et participation. Les
statistiques sur le secteur, les sondages de secteur, la mesure
du processus et la mesure de l'activation sont respectivement
liés à ces aspects.
Statistiques sur le secteur
L'inscription est fondée sur une
série d'indicateurs liés à tous les domaines de politiques de
la GSB. Les statistiques sur le secteur incluent le traitement
des données pertinentes des organismes gouvernementaux. On
traite aussi certaines données de base, liées par exemple aux
caractéristiques démographiques.
Sondage sur le secteur
La perception populaire est
mesurée à l'aide du sondage de secteur. Ce questionnaire est
fondé sur une liste exhaustive de questions portant sur un vaste
éventail d'éléments liés aux domaines de politique de la GSB
et à la politique appliquée. Dans le premier cas, le
questionnaire est axé sur les résidents. Les opinions des
entrepreneurs et des employés d'entreprises et d'institutions
sont cependant aussi importantes pour les progrès de la GSB.
Mesure du processus
L'élément coopération de
l'approche propre au secteur peut être considéré comme un
processus dirigé par les comités choisis dans ce secteur. Ce
processus prévoit la concertation des efforts du conseil
municipal, des services municipaux et du comité directeur de
district, sur laquelle est axée la mesure du processus. Les
renseignements nécessaires peuvent entre autres être obtenus
par l'étude de documents et la consultation des principaux
intervenants.
Mesure de la mise à
contribution
La mesure de la participation est
liée aux initiatives de mise à contribution, qui consistent à
inciter certains groupes cibles à participer. Il peut s'agir de
collaborer à des projets en combinant le déploiement des
ressources et en investissant dans des partenariats entre les
secteurs public et privé. La collecte de renseignements est
axée sur les efforts des organismes gouvernementaux concernés
et les réactions des groupes cibles, soit les résidents, les
entreprises et les institutions.
Analyse comparative
Le partage des idées entre les
responsables de l'élaboration des politiques dans certains
secteurs ou à divers niveaux peut être fondé sur l'analyse
comparative. Il faut donc viser une certaine comparabilité des
données recueillies par le système de suivi propre au secteur.
Cette comparabilité s'applique aux sections de la GSB similaires
dans tous les secteurs. De plus, on utilise aussi des données
sur des aspects de la politique spécifiques aux secteurs
pertinents qui, par exemple, révèlent de nouvelles
possibilités. Il faut souligner que la comparabilité des
données de recherche recueillies ne vise pas l'uniformisation de
la politique. Au contraire, l'uniformisation présume
l'application d'une seule norme, ce qui est irréconciliable avec
la politique intégrée, parce qu'on tente toujours d'améliorer
la situation concrète, en se fondant sur les circonstances.
L'objectif de l'analyse comparative est de tirer profit de
l'expérience des autres.
4.3 Conclusions après un
an
Le premier rapport du système de
suivi de l'approche propre au secteur a été publié en mars
1997. Pour ce qui est des statistiques de secteur et du sondage
de secteur, la nature de ce rapport est d'ordre 0 : les
premières mesures ont comme date de référence le 1er
janvier 1996, date du début de l'approche propre au secteur à
Rotterdam. C'est seulement après deux mesures ou plus qu'on
pourra analyser les valeurs mesurées.
Pour ce qui est de la mesure du
processus, on peut déjà faire certaines observations prudentes.
Dans les secteurs, il y a
consensus entre tous les participants sur les programmes de
politique portant sur la nature des problèmes métropolitains et
les efforts combinés nécessaires pour renverser la spirale
négative. Les responsables de la mise en uvre de la GSB
s'attendent à obtenir des résultats relativement à court terme
dans le domaine de la promotion de l'activité commerciale et de
l'amélioration de l'habitabilité, particulièrement sur le plan
du rendement prévu des investissements dans l'amélioration des
installations des entreprises et sur celui de l'habitabilité.
Cependant, ils préviennent que des résultats substantiels dans
les domaines de politique comme la criminalité, la nuisance
liée à la drogue et les problèmes des jeunes ne peuvent être
obtenus qu'à plus long terme. C'est pourquoi ils insistent sur
la poursuite des efforts au-delà de la période prévue
d'application de la GSB par le gouvernement actuel.
Progrès des projets
L'adoption de la GSB a eu divers
effets sur les projets regroupés dans ce cadre :
- certains projets
existants ont bénéficié d'une nouvelle impulsion
grâce à la GSB; les progrès sont considérés comme
positifs pour ces projets;
- d'autres projets
existants ont dû être révisés pour s'adapter au cadre
de la GSB, ce qui entraîné des retards et de la
frustration pour les personnes concernées;
- de nouveaux projets ont
dû subir une grande pression en raison des délais du
début de la GSB; les participants considéraient que ces
délais avaient entraîné des problèmes d'élaboration
et de mise en uvre.
Il est important pour l'avenir
qu'on tienne compte du fait que la GSB est axée sur les étapes
de développement des différents projets, de façon à ne pas
ralentir ou empêcher les progrès.
Coordination entre les
échelons de la politique
Les responsables de la mise en
oeuvre se préoccupent non seulement des problèmes relatifs aux
progrès des projets, mais aussi du soutien qu'ils reçoivent.
Ils considèrent que la présentation de la GSB fait naître des
attentes, mais ne sont pas certains qu'on puisse répondre à ces
attentes concrètement, du moins à court terme. Cette situation
peut entraîner des déceptions, qui peuvent à leur tour éroder
le soutien à l'égard de la GSB. Dans ce contexte, il est
important de tenir compte des divers échelons participant à la
mise en uvre de la politique, soit :
- l'échelon
stratégique, soit l'orientation selon les lignes
directrices par un comité directeur;
- l'échelon tactique,
soit la traduction de la politique en projets;
- l'échelon
opérationnel, soit la mise en oeuvre des projets.
À l'échelon stratégique, on
formule certaines attentes de façon à légitimer l'attribution
de fonds à la GSB. La façon dont la politique prend forme à
l'échelon tactique est donc très importante. Les responsables
de la mise en uvre doivent, de concert avec les groupes
cibles concernés, participer aussi activement que possible au
processus dès ses débuts, par exemple en élaborant ensemble un
plan de mise en oeuvre. Dans ce plan, le passage de
l'échelon stratégique à l'échelon opérationnel peut être
prévu de façon que non seulement les projets soient accueillis
avec plus d'enthousiasme, mais aussi qu'on prévienne les
déceptions en mettant l'accent sur la faisabilité.
De bonnes communications
favorisent la coordination entre les divers échelons de la
politique. La mesure du processus révèle que l'évaluation des
communications au sein des projets et des projets aux groupes
cibles est généralement positive, alors que les communications
sur la GSB dans les secteurs laisse à désirer. C'est pourquoi
il faut accorder plus d'attention à la coordination entre les
échelons de la politique dans les plans de communications des
secteurs.
Participation des services
municipaux
Au début, on a noté quelques
problèmes de collaboration entre et avec les services
municipaux. Ces problèmes sont liés à la coordination entre
l'organisation "hiérarchique" des services et
l'organisation "de projet" de la GSB. Il faut
s'attendre à ce type de problème dans l'élaboration d'une
politique intégrée, parce que l'organisation
"hiérarchique" des services est axée sur les secteurs
et sur un profil indépendant de résultats en matière de
politique liés à ces secteurs. L'organisation "de
projet" de la GSB est principalement axée sur les
résultats communs. Les problèmes survenus dans ce contexte ne
sont pas nouveaux. Des problèmes semblables se sont aussi posés
dans le cas de l'adoption de la gestion de quartier.
Continuité
La continuité des progrès
accomplis par la GSB exige le renforcement de la coopération
entre les organismes et la participation active des groupes
cibles concernés. Cette méthode doit garantir l'effet permanent
des résultats de la GSB. Comme le disait un des gestionnaires de
projet : "Les projets passent, mais la coopération et la
participation demeurent". Cela ne signifie pas que les
projets ne sont pas importants, au contraire! Les projets donnent
son impulsion au processus de renversement des tendances. Ce
processus est ensuite mieux défini par la coopération et la
participation. Ainsi, les réalisations des projets peuvent être
intégrés à la politique existante.
4.4 Recherche en cours et
future
Dans ce mémoire, nous avons
mentionné quelques études à plus long terme sur les problèmes
de la société métropolitaine aux Pays-Bas et à Rotterdam en
particulier :
1. Rapport annuel sur la
politique sur les grandes villes de l'Institut de recherche
socio-économique (ISEO) de l'Université Erasmus de
Rotterdam. Le premier rapport a été publié en 1996, le
deuxième en 1997. D'autres rapports doivent suivre en 1998
et 1999.
2. Rapport sur le Système de
suivi propre au secteur de la politique sur les grandes
villes de Rotterdam par le Centre de recherche et de
statistique et le Bureau de recherche sur mesure, daté de
mars 1997. D'autres rapports doivent suivre en 1998, 1999 et
2000.
3. Rapport de suivi sur les
minorités de l'ISEO (voir ci-dessus). Le premier sera
publié à la fin de 1997 et d'autres suivront tous les ans.
Les détails seront diffusés ultérieurement.
Pour certaines sections de ce
mémoire, nous nous sommes fondés sur diverses publications
récentes :
Islands at the Maas, the
history of migration and integration of the Cape Verdians
in Rotterdam, de H. Strooij, Université d'Utrecht, 1996.
Company-involvement, a
comparison of the social involvement of companies in
Rotterdam and Minneapolis, de C. Bons et Th. Hagendoorn,
Chambre de commerce de Rotterdam, 1994.
Civic responsibility, the
commitment of entrepreneurs to the economic and social
development of Rotterdam, G. Enbersen et autres,
Universités de Leiden et d'Utrecht, 1991.
Migrants and
neighbourhood management in Rotterdam, de C. Bons,
Université Erasmus de Rotterdam, 1994.
When the future reaches
you, second generation youth in Rotterdam, de
J. Veenman, Université Erasmus de Rotterdam, 1996.
The new volunteers, a
research into voluntary work by ethnic minorities, de
H.J. van Daal, Verwey-Jonker Institute Utrecht, 1995.
On peut aussi mentionner les
études en cours suivantes, dont la liste n'est pas exhaustive :
1. Research into those
settling in and leaving Rotterdam, par le Centre de
recherche et de statistique.
2. Research project into
metropolitan safety, par l'Université Erasmus de
Rotterdam.
3. A study into Bonding
with the City, par l'Université Erasmus de Rotterdam
4. Research into
Beacons/Benchmarks in the development of Rotterdam on its
way to 2005, par le Centre de recherche et de
statistique.
National urban policy in
the European Union, par Euricur, European Institute for
Comparative Urban Research (Adresse : Université Erasmus
de Rotterdam).
Migrants, minorities and
the European City, par Ercomer, European Research Centre
on Migration and Ethnic Relations (Adresse : Université
d'Utrecht).
Education and labour
market participation of minorities in the Netherlands,
par l'Université Erasmus de Rotterdam.
Prognosis ethnic
minorities Rotterdam 2011, du Centre de recherche et de
statistique.
The unknown city: living
and working of illegal aliens in Rotterdam, par
l'Université d'Utrecht.
Development of
intercultural education in European cities, par
l'Université Erasmus de Rotterdam.
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