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LES MIGRATIONS ET LA POLITIQUE SUR LES GRANDES VILLES À ROTTERDAM

 

3. Programmes de politique urbaine

3.1 Introduction

De concert avec l'approche propre au secteur, l'entente avec les autorités de Rotterdam prévoit un autre incitatif à la mise en œuvre de programmes de politique urbaine liés à certains thèmes de politique. La plupart de ces programmes ont été conçus avant la conclusion des ententes avec le gouvernement.

Ces programmes ont été mis en œuvre dans toute la ville, sont organisés à l'échelle municipale et manifestent la priorité accordée à ces thèmes de politique par le conseil municipal. Leur direction est centralisée, mais leur mise en œuvre est souvent locale (bureaux de quartier, etc.). Les organismes sociaux et le secteur des affaires participent aussi à certains des programmes. La priorité des programmes urbains est accordée aux secteurs choisis pour l'application de l'approche propre au secteur.

Les programmes urbains dont nous traiterons dans ce mémoire sont les suivants :

* Accueil et intégration des migrants
* Projet d'emploi
* Politique intégrée sur la sécurité
* Politique intégrée sur la jeunesse

3.2 Accueil et intégration des migrants

En 1991, le conseil municipal a donné son accord au mémoire intitulé "Les nouveaux résidents de Rotterdam, politique sur les migrants", qui établissait le cadre général, encore valide aujourd'hui, de la politique de Rotterdam sur les migrants. Cette politique comporte deux principaux volets :

* Éliminer la misère socio-économique. L'élimination active de ces carences est particulièrement nécessaire dans les domaines de l'éducation et de l'emploi. La lutte contre la pauvreté est axée sur le traitement égal des résidents de Rotterdam dans des circonstances semblables et donc sur l'élimination active de toutes les formes de discrimination.

* Encourager les migrants à s'adapter à la société de Rotterdam le mieux et le plus rapidement possible.

La Municipalité de Rotterdam elle-même a un code d'éthique visant à créer une atmosphère dans laquelle tous les employés sont traités de la même façon, sans égard au sexe, à l'ethnicité, à la culture et à l'orientation sexuelle. Ce code est un outil de prévention et de lutte contre toutes les formes de comportement indésirable.

Cette approche signifie qu'on ne peut appliquer aucune politique particulière visant uniquement le groupe cible des migrants, mais plutôt une politique générale axée sur l'élimination de tous les désavantages. La politique sur les grandes villes, et son approche propre au secteur, s'appuie aussi sur ce concept. Si nécessaire, on accorde une attention particulière à des questions précises, particulièrement celles qui sont importantes pour les migrants. Nous étudierons brièvement quatre de ces questions :

* accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile
* projet d'intégration des nouveaux arrivants
* politique sur les mosquées
* suivi des minorités

Accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile

En 1995, environ 26 000 étrangers ont demandé l'asile politique, le statut de réfugié ou un permis de résidence aux Pays-Bas. Ces demandes ont diminué considérablement en 1996 et jusqu'ici en 1997, en raison d'une politique européenne plus stricte sur l'octroi du droit d'asile.

Le gouvernement central est responsable de l'accueil initial centralisé des demandeurs d'asile. La municipalité doit prendre en charge ceux qui sont autorisés à rester. En plus du logement, on fournit aussi des moyens de subsistance aux demandeurs d'asile qui possèdent un permis de résidence. Le ministère des Affaires sociales et de l'emploi (SoZaWe) est responsable de l'application de la politique sur les demandeurs d'asile à Rotterdam. À l'heure actuelle, il y a environ 1 600 demandeurs d'asile à Rotterdam.

En 1997, le gouvernement central a confié à la municipalité de Rotterdam la tâche d'accueillir environ 500 réfugiés admis, de voir à leur subsistance et de leur fournir un logement permanent.

Les installations d'accueil de la municipalité s'adressent aux réfugiés reconnus et aux personnes possédant un permis temporaire de résidence, ou VVTV, qui sont des réfugiés qui ne peuvent pas retourner dans leur pays d'origine, par exemple en raison d'une guerre. Le permis peut être retiré dès que la situation s'améliore dans le pays d'origine. En 1995, de nombreux demandeurs d'asile venaient d'Iran et de Somalie.

À Rotterdam, l'accueil est caractérisé par une grande collaboration entre le service des étrangers de la police, divers services municipaux et l'organisme qui représente les intérêts des réfugiés.

Projet d'intégration des nouveaux arrivants

À Rotterdam, ceux qui reçoivent le statut de réfugié et les autres migrants récemment arrivés sont adressés au Projet d'intégration des nouveaux arrivants (PIN). Ce projet offre un programme d'acclimatation par le biais de cours d'initiation à la société et à la lanhue néerlandaises. Les étrangers qui détiennent un VVTV sont acclimatés par étapes. Au cours de la période initiale, ils reçoivent des cours de néerlandais et peuvent exécuter certains travaux pour acquérir une expérience pratique. Au cours de la deuxième période, ils peuvent suivre une formation professionnelle. Au cours de la troisième et dernière période, ils sont autorisés à entrer sur le marché du travail et à chercher un emploi rémunéré. À partir du moment où ils reçoivent le statut officiel de réfugié, ils ont droit à tous les avantages sociaux, y compris à leur propre logement.

En 1995, le PIN a inscrit 2 900 nouveaux participants, admissibles au programme d'intégration. Ce groupe comprend des détenteurs de VVTV, des réfugiés reconnus et des personnes qui viennent aux Pays-Bas pour retrouver leur famille ou fonder une famille. Leur nombre fluctue en fonction des événements dans les pays sources.

Politique sur les mosquées

Depuis le mois d'août 1991, la municipalité de Rotterdam applique une politique visant à réduire les inconvénients subis par les Musulmans (et les Hindous), par comparaison à d'autres groupes religieux, dans la pratique de leur foi dans des lieux du culte et les activités sociales et culturelles connexes.

Par le passé, les administrateurs de mosquées et le conseil municipal ne se consultaient pas quand venait le temps de fonder une mosquée. Les administrateurs des mosquées achetaient ou louaient des locaux, sans tenir compte de facteurs comme la rénovation urbaine, la sécurité incendie ou les plans d'urbanisme. Le conseil municipal fermait les yeux sur de nombreuses dérogations, parce qu'il s'avait qu'il n'y avait pas d'alternative, sans aller jusqu'à élaborer une politique active en vue d'établir les conditions nécessaires à la création (légale) des mosquées, en se contentant des déménagements urgents liés au réaménagement urbain.

La collaboration de la municipalité avec les organisations établies et proposées des mosquées s'est concrétisée dans le mémoire d'août 1991 intitulé "Foi dans l'avenir".

D'un côté, des conditions ont été établies pour les mosquées ayant une fonction dans un certain quartier de la ville (turc ou marocian) ou, dans le cas d'un petit groupe cible (pakistanais, surinamien et javanais), une fonction à la grandeur de la ville. On tente de créer moins de mosquées, mais des mosquées plus grandes et de meilleure architecture dans des endroits appropriés, de préférence le long des grands axes plutôt qu'au beau milieu d'un quartier résidentiel. Le ministère de l'Urbanisme et du logement tient des consultations à cette fin avec les organisations musulmanes.

D'un autre côté, on applique aussi une réglementation plus stricte : s'il existe d'autres solutions, les mosquées illégales font l'objet de mesures sévères fondées sur les règlements de la construction et les ordres de la police.

On encourage la collaboration entre les administrateurs de mosquées qui désirent créer un lieu de prière. Pour que les nouvelles mosquées soient aussi neutres que possible (et puissent être utilisées par différents groupes religieux), il faut restreindre le plus possible les fonctions additionnelles (boutiques, pensionnat, enseignement).

La municipalité maintient le principe de la "séparation de l'Église et de l'État", et ne subventionne pas l'utilisation de ces lieux du culte. Le déménagement d'une mosquée dans le cadre de la rénovation urbaine peut être associé d'une contribution de la municipalité, comme c'est le cas pour le déménagement d'une entreprise.

Suivi des minorités

Au cours de l'année 1997, on entreprendra une étude à plus long terme sur la mesure dans laquelle les minorités ethniques de Rotterdam bénéficient de la politique générale de la municipalité sur l'élimination de la pauvreté. L'étude sera menée par le Centre municipal de recherche et de statistique (COS), en collaboration avec l'Institut de recherche socio-économique (ISEOP) de l'université Erasmus de Rotterdam.

La recherche portera principalement sur :

1. le développement de la position socio-économique des minorités ethniques;

2. la mesure dans laquelle les minorités ethniques bénéficient des services municipaux;

3. les effets des subsides aux organismes représentant les minorités ethniques.

L'étude du COS et de l'ISEO se poursuivra sur plusieurs années; c'est pourquoi on parle de "suivi".

3.3 Emploi

Emploi, emploi et emploi : voilà les mots d'ordre du conseil municipal. Avec la sécurité, c'est l'emploi qui a la priorité dans la politique municipale de l'agglomération de Rotterdam. Et la raison de l'importance accordée à l'emploi est que 60 000 ménages de la seule ville de Rotterdam ont recours à l'aide sociale; ce chiffre monte à 90 000 si on inclut les municipalités environnantes.

À long terme, on vise à ce que l'augmentation des emplois à Rotterdam suive l'augmentation nationale. À plus court terme, jusqu' à la fin de 1998, la municipalité souhaite créer au moins 10 000 emplois nouveaux, surtout dans le secteur commercial. Ces nouveaux emplois sont destinés à long terme aux chômeurs de Rotterdam. La municipalité est aidée dans cette initiative par l'État, qui désire créer 40 000 nouveaux emplois à l'échelle nationale au cours des quatre prochaines années dans les domaines des soins de santé, de la surveillance et de la sécurité publique et de la garde d'enfants. Rotterdam a déjà reçu une aide financière pour créer 3 260 emplois pour la période de 1994 à 1997; à la fin de 1998, 4 200 emplois seront disponibles. Ces emplois à 32 heures par semaine sont rémunérés à 100/120 pour cent du salaire minimum.

On prend divers moyens pour mettre les habitants de Rotterdam au travail :

* Renforcer la structure économique de la région (Rotterdam et municipalités environnantes). Le maintien et l'augmentation des emplois dans la ville et la région sont liés directement à la politique sur les nouvelles entreprises et au soutien à l'entrepreneuriat. Cette dernière mesure s'appuie sur la politique sur les nouveaux entrepreneurs et s'il y a lieu, sur la déréglementation découlant d'ententes avec l'État. En s'appuyant sur la recherche, la municipalité a analysé les domaines et les secteurs de l'économie (et donc de l'emploi) qui pouvaient être renforcés. Les secteurs de la chimie, de l'alimentation, des conteneurs, des petites et moyennes entreprises, des services commerciaux, de la technologie médicale, de l'environnement (recyclage), de l'audio-visuel, de la technologie de l'information et du tourisme sont prometteurs.

* Renforcer la politique spatio-économique, de concert avec la politique environnementale. Il s'agit par exemple d'améliorer les infrastructures dans la ville et les environs et d'accorder une attention particulière aux liens avec l'arrière-pays du port de Rotterdam. Mais il peut aussi s'agir d'investir dans le développement spatial (secteurs résidentiels et commerciaux) et d'améliorer la qualité de la ville en termes de logement, de culture et de loisirs.

* Créer de nouveaux emplois. Cette troisième voie a pour objectif de créer au moins 10 000 nouveaux emplois pour les chômeurs de Rotterdam en 1998. En mars 1997, on en avait déjà créé 5 000. La municipalité vise naturellement le secteur communautaire, particulièrement lorsqu'il s'agit d'améliorer la propreté, l'intégrité et la sécurité, mais souhaite aussi inciter les gens d'affaires à créer d'autres emplois. L'objectif de la municipalité est de créer 6 000 emplois dans le secteur communautaire et 4 000 emplois "sur le marché" à la fin de 1998. Si on veut qu'il crée des emplois, le milieu des gens d'affaires souhaite qu'on diminue les coûts de main-d'œuvre (réduire l'écart entre le revenu brut et le revenu net); la municipalité est incapable de résoudre elle-même ce problème. L'État a cependant proposé une solution. Il est maintenant possible d'appliquer les prestations de sécurité sociale aux salaires. Rotterdam met cette mesure à l'essai. Jusqu'au milieu de 1997, on créera 2 500 de ces emplois, pour lesquels l'État contribue aux coûts de main-d'œuvre à raison de 18 000 florins par année. Ces emplois comptent en moyenne 32 heures de travail par semaine, à un maximum de 120 pour cent du salaire minimum. Cette mesure pourrait inciter des employeurs à embaucher du personnel. On étudie aussi la possibilité que la municipalité elle-même crée des emplois, par exemple en réduisant les heures de travail de ses employés, en consultation avec les syndicats, de façon à créer des emplois peu spécialisés. Au 1er janvier 1997, les employés municipaux travaillaient en moyenne 36 heures par semaine. En 1998, la municipalité vise à inscrire 5 000 participants à sa réserve d'emplois pour les chômeurs de longue date (type d'emploi permettant de continuer à recevoir des prestations d'aide sociale) . Les chômeurs de longue date, incapables de trouver du travail grâce à des mesures comme la réserve d'emplois, par exemple parce qu'ils sont trop âgés, peuvent participer à "la contribution sociale". Cette initiative vise à inciter les gens à exécuter bénévolement des activités socialement utiles dans le but, par exemple, d'être libérés de leur obligation de chercher du travail.

* L'éducation constitue une élément important de la politique sur l'emploi. La municipalité a donc prévu des mesures particulières pour arrimer l'éducation au travail. Pour ce faire, il faut commencer tôt, en visant les enfants d'âge pré-scolaire et leurs parents, et en poursuivant les efforts pour réduire le nombre de décrocheurs ("personne ne quitte l'école sans diplôme"), surveiller les devoirs, fournir une expérience de travail, etc. Dans le cas des adultes, le principal objectif est d'améliorer les liens entre l'éducation et le marché du travail aux moyen d'une formation "sur mesure". La municipalité sait qu'on fait déjà beaucoup dans ce domaine, mais tente d'augmenter le rendement des efforts et de faire mieux concorder l'offre et la demande.

La municipalité elle-même ne peut pas contribuer énormément à l'augmentation des emplois à Rotterdam. Le pouvoir dans ce domaine est entre les mains de l'État, du milieu des affaires et des partenaires sociaux. Mais la municipalité joue un rôle important dans le regroupement et la collaboration de tous les intervenants qui appuient le mot d'ordre "emploi, emploi et emploi". La municipalité a donc la tâche importante d'investir encore plus dans l'établissement des relations entre le milieu des affaires et les autorités.

Au cours de la période de 1994 à 1998, la municipalité consacrera tous les ans des dizaines de millions de florins aux fins de la création d'emplois et du renforcement de la structure économique. En 1999, ce montant passera à 91 millions de florins.

3.4 Politique intégrée sur la sécurité

Pour la période de 1994 à 1998, on a déterminé qu'en plus de l'emploi, la sécurité était la priorité de la municipalité en matière de politique. Cela permettra de consacrer des efforts considérables pour faire de Rotterdam un endroit plus sûr et plus agréable à vivre. On a choisi à cette fin d'adopter une approche intégrée, ce qui signifie que tous les organismes sociaux et municipaux concernés travailleront ensemble, de façon coordonnée, à la mise en œuvre de la politique en matière de sécurité.

La politique sur la sécurité sera appliquée à l'échelon municipal et local. Dans ce dernier cas, des plans de sécurité de quartier ont été établis pour tous les districts urbains et plus de 55 quartiers. Ces plans concrétisent la collaboration entre les divers partenaires de la politique sur la sécurité. On a désigné plusieurs projets urbains comme des éléments importants de cette politique, par exemple dans les domaines suivants : drogue, bars et cafés, jeunes, surveillance et communications.

Les plans de sécurité de quartier sont des plans d'action dans lesquels sont établis nombre de mesures concrètes; les problèmes décelés sont attaqués à l'échelon du quartier. Il existe 57 de ces plans, dont sont tirés les exemples suivants de mesures : dans de nombreux quartiers, des postes et des points de services ont été mis sur pied, ailleurs, des secteurs communautaires intérieurs ont été fermés, pour prévenir le vol. À divers endroits, on a mis sur pied le projet "Eye-Eye", qui regroupe certains citoyens qui décèlent des lacunes dans l'environnemental résidentiel et en font part aux organismes concernés. Des participants à la réserve d'emplois sont déployés partout dans la ville pour promouvoir la sécurité, par exemple, dans le cadre d'équipes intégrées d'entretien, d'équipes de sécurité des centres commerciaux et des tunnels, de surveillance des stationnements, etc. Presque tous les districts urbains ont mis sur pied des projets de lutte contre le vol, dans le cadre desquels des techniciens en prévention donnent des conseils sur la façon de prévenir le cambriolage et, à la demande, apportent des améliorations. Depuis 1997, les résidents peuvent obtenir un "sceau de maison protégée" s'ils prennent des mesures pour réduire les risques de cambriolage. Dans les quartiers du centre-ville, on met l'accent sur une politique stricte visant les permis des établissements de restauration. Dans les endroits louches, on ajoute de l'éclairage, on nettoie ou on réaménage les espaces verts. De nombreux projets visent à améliorer les installations destinées aux jeunes et à leur offrir de meilleures perspectives d'emploi, comme le projet "Opboxen", qui offre de la formation et une expérience de travail aux jeunes chômeurs de groupes marginaux. Depuis 1994, plusieurs "joujouthèques", qu'on appelle "Duimdroppen", ont été installées dans les endroits passants. Des groupes de rue ont pris l'initiative de lancer de petites campagnes visant à améliorer la sécurité des rues et l'habitabilité. Dans les quartiers où l'anonymité est considérée comme un problème important, des projets sont mis sur pied pour permettre aux nouveaux arrivants de s'intégrer plus rapidement, comme le projet "Des résidents accueillent des résidents". On accorde aussi beaucoup d'attention au manque de sécurité des routes, au problème important liés à la nuisance causée par le stationnement dans le centre-ville et, à l'extérieur du centre, à celui de la vitesse. En résumé, la ville est pratiquement couverte de plans d'action visant à augmenter la sécurité à l'échelon du quartier.

Dans le domaine de la toxicomanie, l'action du gouvernement vise à regrouper les habitants de Rotterdam pour réduire la criminalité et la nuisance qui en résulte, tout en améliorant la santé et les perspectives sociales des toxicomanes.

On a élaboré des règlements plus efficaces pour s'attaquer à la nuisance associée aux bars et aux cafés. Une structure plus précise de mise en œuvre devrait aussi réduire cette nuisance. Pour 1997, la question prioritaire est celle de l'amélioration de la qualité des bars et des cafés par rapport à l'environnement résidentiel et l'ensemble de la ville. L'application de la loi est aussi un élément important.

Il existe 22 projets regroupant des adjoints (surveillants) en matière de sécurité. À la fin de 1996, environ 375 adjoints de sécurité étaient employés par la municipalité; l'objectif est d'en employer 800 à la fin de 1997. Les adjoints de sécurité participent à l'augmentation du niveau de sécurité dans la ville. De plus, ils appliquent le slogan "propreté, intégrité et sécurité".

Les activités liées aux jeunes et à la sécurité regroupent plusieurs initiatives visant à réduire les infractions et la nuisance attribuables aux jeunes. Il s'agit de projets de réduction des délais des procédures criminelles contre les mineurs et d'intervention appropriée à l'égard des infractions commises par les jeunes, qui se traduisent souvent par des mesures alternatives de sanction, comme les travaux communautaires et des périodes d'apprentissage.

Le message fondamental de la politique sur la sécurité est le suivant : "Travailler ensemble à la sécurité de Rotterdam".

3.5 Politique intégrée sur la jeunesse

Le politique intégrée sur la jeunesse incite tous les habitants de Rotterdam à mobiliser toutes leurs forces et leurs qualités pour aider tous les enfants et les jeunes de 0 à 24 ans à atteindre l'indépendance sociale et à participer positivement à la vie sociale.

À Rotterdam, le nombre des jeunes a augmenté considérablement au cours des dernières années. Le pourcentage des jeunes de 0 à 24 ans est présentement de 30,2 %, et on prévoit qu'il atteindra 31,3 % en 2011. Les jeunes tendent à devenir plus forts physiquement, sans que leur état psychologique suive le rythme; environ un jeune sur cinq éprouve des problèmes psychologiques ou sociaux plus ou moins graves. Ces problèmes disparaîtront sans doute au cours des ans dans la plupart des cas, sauf pour un sur dix d'entre eux. Ces jeunes continueront à éprouver des difficultés et à poser des problèmes pour la société, à moins qu'on intervienne à temps. Cette situation est confirmée entre autres par l'envergure de la criminalité juvénile, du vandalisme, du chômage des jeunes et du décrochage scolaire.

Étant donné l'augmentation importante du nombre de jeunes des minorités ethniques, et l'aide dont ils ont besoin pour s'intégrer à la société néerlandaise, des efforts supplémentaires visant ces jeunes sont un des fers de lance de la politique intégrée sur la jeunesse.

Il est essentiel de savoir ce que les jeunes pensent de la politique qui les concerne. Des groupes de jeunes dans les écoles, et des conseils d'enfants se réunissent dans des discussions sur la conception et la gestion des terrains de jeux. Le Groupe consultatif de la jeunesse et le Conseil des jeunes de Rotterdam, qui donne des conseils sollicités et non sollicités sur les décisions municipales, sont des exemples de participation des jeunes. Cette participation leur permet de donner leur avis sur les questions qui les touchent directement.

Voici les quatre principaux éléments de la politique intégrée sur la jeunesse :

* politique de prévention jeunesse
* jeunesse et sécurité
* école élargie
* travail, revenu et prise en charge
* loisirs et sport

L'objectif du Projet de prévention jeunesse est d'empêcher l'émergence ou le développement de certaines situations qui pourraient faire naître des problèmes émotifs ou comportementaux chez les enfants ou les jeunes vulnérables, et qui risquent de se poursuivre dans les étapes futures de leur vie et d'entraîner des répercussions graves pour eux-mêmes, leur environnement et la société. Pour y arriver, on a mis sur pied des projets visant certains contextes de développement, comme la famille, l'école et le cercle social. On vise aussi à augmenter la compétence des travailleurs des services de garde pour enfants et des cliniques pour bébés. Le principe de base de ces projets est l'habilitation : les adultes, les jeunes, mais aussi les professionnels, doivent être en mesure de déceler, de prévenir ou de résoudre les problèmes. C'est là que le Projet de suivi jeunesse joue un rôle crucial. Ce projet vise à enregistrer le développement psychosocial de tous les jeunes de Rotterdam à divers âges. Ces données sont analysées et transmises aux parents, aux écoles et aux autorités municipales. Les services de santé municipaux mettent au point différentes formes d'intervention appropriées pour traiter divers problèmes selon les groupes d'âge.

Le programme Jeunesse et sécurité vise à réduire les comportements délinquants et délictueux. L'objectif est de prévenir le désordre causé par les jeunes dans les endroits publics et de réduire le nombre d'infractions (graves) commises par des jeunes.

Le programme École élargie incite les écoles à conclure des partenariats dans le but de mieux préparer les jeunes de Rotterdam à la société de demain. Ces partenaires peuvent être des travailleurs sociaux, des policiers, des employés du système judiciaire, des travailleurs socioculturels, des travailleurs communautaires, des employés de terrains de jeux, sans mentionner les parents. L'École élargie est fondée sur le principe de l'éducation efficace dans un climat scolaire efficace. Autrement dit, il s'agit de porter attention au développement socio-émotif et à la compétence sociale des enfants, aux relations entre les trois milieux de vie des enfants, la maison, l'école et les loisirs, et de reconnaître que l'école ne peut pas tout faire et a donc besoin d'alliés avec lesquels elle peut travailler, en utilisant les forces des jeunes, des enseignants et des organisations.

Le programme Travail, revenu et prise en charge vise à appliquer une approche "à toute épreuve" au problème de chômage des jeunes. Un de ses aspects importants est qu'il offre aux jeunes la chance d'acquérir de l'expérience de travail grâce à des emplois particuliers. Ils gagnent un salaire et se qualifient pour le marché du travail.

Le programme Loisirs et sport organise des cours d'initiation visant à proposer un éventail de choix de sports et de passe-temps.

 

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