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LES MIGRATIONS ET LA POLITIQUE SUR LES
GRANDES VILLES À ROTTERDAM
3. Programmes de politique
urbaine
3.1 Introduction
De concert avec l'approche propre
au secteur, l'entente avec les autorités de Rotterdam prévoit
un autre incitatif à la mise en uvre de programmes de
politique urbaine liés à certains thèmes de politique. La
plupart de ces programmes ont été conçus avant la conclusion
des ententes avec le gouvernement.
Ces programmes ont été mis en
uvre dans toute la ville, sont organisés à l'échelle
municipale et manifestent la priorité accordée à ces thèmes
de politique par le conseil municipal. Leur direction est
centralisée, mais leur mise en uvre est souvent locale
(bureaux de quartier, etc.). Les organismes sociaux et le secteur
des affaires participent aussi à certains des programmes. La
priorité des programmes urbains est accordée aux secteurs
choisis pour l'application de l'approche propre au secteur.
Les programmes urbains dont nous
traiterons dans ce mémoire sont les suivants :
* Accueil et intégration
des migrants
* Projet d'emploi
* Politique intégrée sur la sécurité
* Politique intégrée sur la jeunesse
3.2 Accueil et
intégration des migrants
En 1991, le conseil municipal a
donné son accord au mémoire intitulé "Les nouveaux
résidents de Rotterdam, politique sur les migrants", qui
établissait le cadre général, encore valide aujourd'hui, de la
politique de Rotterdam sur les migrants. Cette politique comporte
deux principaux volets :
* Éliminer la misère
socio-économique. L'élimination active de ces carences
est particulièrement nécessaire dans les domaines de
l'éducation et de l'emploi. La lutte contre la pauvreté
est axée sur le traitement égal des résidents de
Rotterdam dans des circonstances semblables et donc sur
l'élimination active de toutes les formes de
discrimination.
* Encourager les migrants
à s'adapter à la société de Rotterdam le mieux et le
plus rapidement possible.
La Municipalité de Rotterdam
elle-même a un code d'éthique visant à créer une atmosphère
dans laquelle tous les employés sont traités de la même
façon, sans égard au sexe, à l'ethnicité, à la culture et à
l'orientation sexuelle. Ce code est un outil de prévention et de
lutte contre toutes les formes de comportement indésirable.
Cette approche signifie qu'on ne
peut appliquer aucune politique particulière visant uniquement
le groupe cible des migrants, mais plutôt une politique
générale axée sur l'élimination de tous les désavantages. La
politique sur les grandes villes, et son approche propre au
secteur, s'appuie aussi sur ce concept. Si nécessaire, on
accorde une attention particulière à des questions précises,
particulièrement celles qui sont importantes pour les migrants.
Nous étudierons brièvement quatre de ces questions :
* accueil des réfugiés
et des demandeurs d'asile
* projet d'intégration des nouveaux arrivants
* politique sur les mosquées
* suivi des minorités
Accueil des réfugiés et des
demandeurs d'asile
En 1995, environ 26 000
étrangers ont demandé l'asile politique, le statut de réfugié
ou un permis de résidence aux Pays-Bas. Ces demandes ont
diminué considérablement en 1996 et jusqu'ici en 1997, en
raison d'une politique européenne plus stricte sur l'octroi du
droit d'asile.
Le gouvernement central est
responsable de l'accueil initial centralisé des demandeurs
d'asile. La municipalité doit prendre en charge ceux qui sont
autorisés à rester. En plus du logement, on fournit aussi des
moyens de subsistance aux demandeurs d'asile qui possèdent un
permis de résidence. Le ministère des Affaires sociales et de
l'emploi (SoZaWe) est responsable de l'application de la
politique sur les demandeurs d'asile à Rotterdam. À l'heure
actuelle, il y a environ 1 600 demandeurs d'asile à
Rotterdam.
En 1997, le gouvernement central
a confié à la municipalité de Rotterdam la tâche d'accueillir
environ 500 réfugiés admis, de voir à leur subsistance et de
leur fournir un logement permanent.
Les installations d'accueil de la
municipalité s'adressent aux réfugiés reconnus et aux
personnes possédant un permis temporaire de résidence, ou VVTV,
qui sont des réfugiés qui ne peuvent pas retourner dans leur
pays d'origine, par exemple en raison d'une guerre. Le permis
peut être retiré dès que la situation s'améliore dans le pays
d'origine. En 1995, de nombreux demandeurs d'asile venaient
d'Iran et de Somalie.
À Rotterdam, l'accueil est
caractérisé par une grande collaboration entre le service des
étrangers de la police, divers services municipaux et
l'organisme qui représente les intérêts des réfugiés.
Projet d'intégration des
nouveaux arrivants
À Rotterdam, ceux qui reçoivent
le statut de réfugié et les autres migrants récemment arrivés
sont adressés au Projet d'intégration des nouveaux arrivants
(PIN). Ce projet offre un programme d'acclimatation par le biais
de cours d'initiation à la société et à la lanhue
néerlandaises. Les étrangers qui détiennent un VVTV sont
acclimatés par étapes. Au cours de la période initiale, ils
reçoivent des cours de néerlandais et peuvent exécuter
certains travaux pour acquérir une expérience pratique. Au
cours de la deuxième période, ils peuvent suivre une formation
professionnelle. Au cours de la troisième et dernière période,
ils sont autorisés à entrer sur le marché du travail et à
chercher un emploi rémunéré. À partir du moment où ils
reçoivent le statut officiel de réfugié, ils ont droit à tous
les avantages sociaux, y compris à leur propre logement.
En 1995, le PIN a inscrit
2 900 nouveaux participants, admissibles au programme
d'intégration. Ce groupe comprend des détenteurs de VVTV, des
réfugiés reconnus et des personnes qui viennent aux Pays-Bas
pour retrouver leur famille ou fonder une famille. Leur nombre
fluctue en fonction des événements dans les pays sources.
Politique sur les mosquées
Depuis le mois d'août 1991, la
municipalité de Rotterdam applique une politique visant à
réduire les inconvénients subis par les Musulmans (et les
Hindous), par comparaison à d'autres groupes religieux, dans la
pratique de leur foi dans des lieux du culte et les activités
sociales et culturelles connexes.
Par le passé, les
administrateurs de mosquées et le conseil municipal ne se
consultaient pas quand venait le temps de fonder une mosquée.
Les administrateurs des mosquées achetaient ou louaient des
locaux, sans tenir compte de facteurs comme la rénovation
urbaine, la sécurité incendie ou les plans d'urbanisme. Le
conseil municipal fermait les yeux sur de nombreuses
dérogations, parce qu'il s'avait qu'il n'y avait pas
d'alternative, sans aller jusqu'à élaborer une politique active
en vue d'établir les conditions nécessaires à la création
(légale) des mosquées, en se contentant des déménagements
urgents liés au réaménagement urbain.
La collaboration de la
municipalité avec les organisations établies et proposées des
mosquées s'est concrétisée dans le mémoire d'août 1991
intitulé "Foi dans l'avenir".
D'un côté, des conditions ont
été établies pour les mosquées ayant une fonction dans un
certain quartier de la ville (turc ou marocian) ou, dans le cas
d'un petit groupe cible (pakistanais, surinamien et javanais),
une fonction à la grandeur de la ville. On tente de créer moins
de mosquées, mais des mosquées plus grandes et de meilleure
architecture dans des endroits appropriés, de préférence le
long des grands axes plutôt qu'au beau milieu d'un quartier
résidentiel. Le ministère de l'Urbanisme et du logement tient
des consultations à cette fin avec les organisations musulmanes.
D'un autre côté, on applique
aussi une réglementation plus stricte : s'il existe d'autres
solutions, les mosquées illégales font l'objet de mesures
sévères fondées sur les règlements de la construction et les
ordres de la police.
On encourage la collaboration
entre les administrateurs de mosquées qui désirent créer un
lieu de prière. Pour que les nouvelles mosquées soient aussi
neutres que possible (et puissent être utilisées par
différents groupes religieux), il faut restreindre le plus
possible les fonctions additionnelles (boutiques, pensionnat,
enseignement).
La municipalité maintient le
principe de la "séparation de l'Église et de
l'État", et ne subventionne pas l'utilisation de ces lieux
du culte. Le déménagement d'une mosquée dans le cadre de la
rénovation urbaine peut être associé d'une contribution de la
municipalité, comme c'est le cas pour le déménagement d'une
entreprise.
Suivi des minorités
Au cours de l'année 1997, on
entreprendra une étude à plus long terme sur la mesure dans
laquelle les minorités ethniques de Rotterdam bénéficient de
la politique générale de la municipalité sur l'élimination de
la pauvreté. L'étude sera menée par le Centre municipal de
recherche et de statistique (COS), en collaboration avec
l'Institut de recherche socio-économique (ISEOP) de
l'université Erasmus de Rotterdam.
La recherche portera
principalement sur :
1. le développement de
la position socio-économique des minorités ethniques;
2. la mesure dans
laquelle les minorités ethniques bénéficient des
services municipaux;
3. les effets des
subsides aux organismes représentant les minorités
ethniques.
L'étude du COS et de l'ISEO se
poursuivra sur plusieurs années; c'est pourquoi on parle de
"suivi".
3.3 Emploi
Emploi, emploi et emploi : voilà
les mots d'ordre du conseil municipal. Avec la sécurité, c'est
l'emploi qui a la priorité dans la politique municipale de
l'agglomération de Rotterdam. Et la raison de l'importance
accordée à l'emploi est que 60 000 ménages de la
seule ville de Rotterdam ont recours à l'aide sociale; ce
chiffre monte à 90 000 si on inclut les municipalités
environnantes.
À long terme, on vise à ce que
l'augmentation des emplois à Rotterdam suive l'augmentation
nationale. À plus court terme, jusqu' à la fin de 1998, la
municipalité souhaite créer au moins 10 000 emplois
nouveaux, surtout dans le secteur commercial. Ces nouveaux
emplois sont destinés à long terme aux chômeurs de Rotterdam.
La municipalité est aidée dans cette initiative par l'État,
qui désire créer 40 000 nouveaux emplois à l'échelle
nationale au cours des quatre prochaines années dans les
domaines des soins de santé, de la surveillance et de la
sécurité publique et de la garde d'enfants. Rotterdam a déjà
reçu une aide financière pour créer 3 260 emplois pour la
période de 1994 à 1997; à la fin de 1998, 4 200 emplois seront
disponibles. Ces emplois à 32 heures par semaine sont
rémunérés à 100/120 pour cent du salaire minimum.
On prend divers moyens pour
mettre les habitants de Rotterdam au travail :
* Renforcer la structure
économique de la région (Rotterdam et municipalités
environnantes). Le maintien et l'augmentation des emplois
dans la ville et la région sont liés directement à la
politique sur les nouvelles entreprises et au soutien à
l'entrepreneuriat. Cette dernière mesure s'appuie sur la
politique sur les nouveaux entrepreneurs et s'il y a lieu,
sur la déréglementation découlant d'ententes avec l'État.
En s'appuyant sur la recherche, la municipalité a analysé
les domaines et les secteurs de l'économie (et donc de
l'emploi) qui pouvaient être renforcés. Les secteurs de la
chimie, de l'alimentation, des conteneurs, des petites et
moyennes entreprises, des services commerciaux, de la
technologie médicale, de l'environnement (recyclage), de
l'audio-visuel, de la technologie de l'information et du
tourisme sont prometteurs.
* Renforcer la politique
spatio-économique, de concert avec la politique
environnementale. Il s'agit par exemple d'améliorer les
infrastructures dans la ville et les environs et d'accorder
une attention particulière aux liens avec l'arrière-pays du
port de Rotterdam. Mais il peut aussi s'agir d'investir dans
le développement spatial (secteurs résidentiels et
commerciaux) et d'améliorer la qualité de la ville en
termes de logement, de culture et de loisirs.
* Créer de nouveaux
emplois. Cette troisième voie a pour objectif de créer
au moins 10 000 nouveaux emplois pour les chômeurs de
Rotterdam en 1998. En mars 1997, on en avait déjà créé 5
000. La municipalité vise naturellement le secteur
communautaire, particulièrement lorsqu'il s'agit
d'améliorer la propreté, l'intégrité et la sécurité,
mais souhaite aussi inciter les gens d'affaires à créer
d'autres emplois. L'objectif de la municipalité est de
créer 6 000 emplois dans le secteur communautaire
et 4 000 emplois "sur le marché" à la fin de
1998. Si on veut qu'il crée des emplois, le milieu des gens
d'affaires souhaite qu'on diminue les coûts de
main-d'uvre (réduire l'écart entre le revenu brut et
le revenu net); la municipalité est incapable de résoudre
elle-même ce problème. L'État a cependant proposé une
solution. Il est maintenant possible d'appliquer les
prestations de sécurité sociale aux salaires. Rotterdam met
cette mesure à l'essai. Jusqu'au milieu de 1997, on créera
2 500 de ces emplois, pour lesquels l'État contribue
aux coûts de main-d'uvre à raison de
18 000 florins par année. Ces emplois comptent en
moyenne 32 heures de travail par semaine, à un maximum de
120 pour cent du salaire minimum. Cette mesure pourrait
inciter des employeurs à embaucher du personnel. On étudie
aussi la possibilité que la municipalité elle-même crée
des emplois, par exemple en réduisant les heures de travail
de ses employés, en consultation avec les syndicats, de
façon à créer des emplois peu spécialisés. Au 1er
janvier 1997, les employés municipaux travaillaient en
moyenne 36 heures par semaine. En 1998, la municipalité vise
à inscrire 5 000 participants à sa réserve
d'emplois pour les chômeurs de longue date (type d'emploi
permettant de continuer à recevoir des prestations d'aide
sociale) . Les chômeurs de longue date, incapables de
trouver du travail grâce à des mesures comme la réserve
d'emplois, par exemple parce qu'ils sont trop âgés, peuvent
participer à "la contribution sociale". Cette
initiative vise à inciter les gens à exécuter
bénévolement des activités socialement utiles dans le but,
par exemple, d'être libérés de leur obligation de chercher
du travail.
* L'éducation
constitue une élément important de la politique sur
l'emploi. La municipalité a donc prévu des mesures
particulières pour arrimer l'éducation au travail. Pour ce
faire, il faut commencer tôt, en visant les enfants d'âge
pré-scolaire et leurs parents, et en poursuivant les efforts
pour réduire le nombre de décrocheurs ("personne ne
quitte l'école sans diplôme"), surveiller les devoirs,
fournir une expérience de travail, etc. Dans le cas des
adultes, le principal objectif est d'améliorer les liens
entre l'éducation et le marché du travail aux moyen d'une
formation "sur mesure". La municipalité sait qu'on
fait déjà beaucoup dans ce domaine, mais tente d'augmenter
le rendement des efforts et de faire mieux concorder l'offre
et la demande.
La municipalité elle-même ne
peut pas contribuer énormément à l'augmentation des emplois à
Rotterdam. Le pouvoir dans ce domaine est entre les mains de
l'État, du milieu des affaires et des partenaires sociaux. Mais
la municipalité joue un rôle important dans le regroupement et
la collaboration de tous les intervenants qui appuient le mot
d'ordre "emploi, emploi et emploi". La municipalité a
donc la tâche importante d'investir encore plus dans
l'établissement des relations entre le milieu des affaires et
les autorités.
Au cours de la période de 1994
à 1998, la municipalité consacrera tous les ans des dizaines de
millions de florins aux fins de la création d'emplois et du
renforcement de la structure économique. En 1999, ce montant
passera à 91 millions de florins.
3.4 Politique intégrée
sur la sécurité
Pour la période de 1994 à 1998,
on a déterminé qu'en plus de l'emploi, la sécurité était la
priorité de la municipalité en matière de politique. Cela
permettra de consacrer des efforts considérables pour faire de
Rotterdam un endroit plus sûr et plus agréable à vivre. On a
choisi à cette fin d'adopter une approche intégrée, ce qui
signifie que tous les organismes sociaux et municipaux concernés
travailleront ensemble, de façon coordonnée, à la mise en
uvre de la politique en matière de sécurité.
La politique sur la sécurité
sera appliquée à l'échelon municipal et local. Dans ce dernier
cas, des plans de sécurité de quartier ont été établis pour
tous les districts urbains et plus de 55 quartiers. Ces plans
concrétisent la collaboration entre les divers partenaires de la
politique sur la sécurité. On a désigné plusieurs projets
urbains comme des éléments importants de cette politique, par
exemple dans les domaines suivants : drogue, bars et cafés,
jeunes, surveillance et communications.
Les plans de sécurité de
quartier sont des plans d'action dans lesquels sont établis
nombre de mesures concrètes; les problèmes décelés sont
attaqués à l'échelon du quartier. Il existe 57 de ces plans,
dont sont tirés les exemples suivants de mesures : dans de
nombreux quartiers, des postes et des points de services ont
été mis sur pied, ailleurs, des secteurs communautaires
intérieurs ont été fermés, pour prévenir le vol. À divers
endroits, on a mis sur pied le projet "Eye-Eye", qui
regroupe certains citoyens qui décèlent des lacunes dans
l'environnemental résidentiel et en font part aux organismes
concernés. Des participants à la réserve d'emplois sont
déployés partout dans la ville pour promouvoir la sécurité,
par exemple, dans le cadre d'équipes intégrées d'entretien,
d'équipes de sécurité des centres commerciaux et des tunnels,
de surveillance des stationnements, etc. Presque tous les
districts urbains ont mis sur pied des projets de lutte contre le
vol, dans le cadre desquels des techniciens en prévention
donnent des conseils sur la façon de prévenir le cambriolage
et, à la demande, apportent des améliorations. Depuis 1997, les
résidents peuvent obtenir un "sceau de maison
protégée" s'ils prennent des mesures pour réduire les
risques de cambriolage. Dans les quartiers du centre-ville, on
met l'accent sur une politique stricte visant les permis des
établissements de restauration. Dans les endroits louches, on
ajoute de l'éclairage, on nettoie ou on réaménage les espaces
verts. De nombreux projets visent à améliorer les installations
destinées aux jeunes et à leur offrir de meilleures
perspectives d'emploi, comme le projet "Opboxen", qui
offre de la formation et une expérience de travail aux jeunes
chômeurs de groupes marginaux. Depuis 1994, plusieurs
"joujouthèques", qu'on appelle
"Duimdroppen", ont été installées dans les endroits
passants. Des groupes de rue ont pris l'initiative de lancer de
petites campagnes visant à améliorer la sécurité des rues et
l'habitabilité. Dans les quartiers où l'anonymité est
considérée comme un problème important, des projets sont mis
sur pied pour permettre aux nouveaux arrivants de s'intégrer
plus rapidement, comme le projet "Des résidents accueillent
des résidents". On accorde aussi beaucoup d'attention au
manque de sécurité des routes, au problème important liés à
la nuisance causée par le stationnement dans le centre-ville et,
à l'extérieur du centre, à celui de la vitesse. En résumé,
la ville est pratiquement couverte de plans d'action visant à
augmenter la sécurité à l'échelon du quartier.
Dans le domaine de la
toxicomanie, l'action du gouvernement vise à regrouper les
habitants de Rotterdam pour réduire la criminalité et la
nuisance qui en résulte, tout en améliorant la santé et les
perspectives sociales des toxicomanes.
On a élaboré des règlements
plus efficaces pour s'attaquer à la nuisance associée aux bars
et aux cafés. Une structure plus précise de mise en uvre
devrait aussi réduire cette nuisance. Pour 1997, la question
prioritaire est celle de l'amélioration de la qualité des bars
et des cafés par rapport à l'environnement résidentiel et
l'ensemble de la ville. L'application de la loi est aussi un
élément important.
Il existe 22 projets regroupant
des adjoints (surveillants) en matière de sécurité. À la fin
de 1996, environ 375 adjoints de sécurité étaient employés
par la municipalité; l'objectif est d'en employer 800 à la fin
de 1997. Les adjoints de sécurité participent à l'augmentation
du niveau de sécurité dans la ville. De plus, ils appliquent le
slogan "propreté, intégrité et sécurité".
Les activités liées aux jeunes
et à la sécurité regroupent plusieurs initiatives visant à
réduire les infractions et la nuisance attribuables aux jeunes.
Il s'agit de projets de réduction des délais des procédures
criminelles contre les mineurs et d'intervention appropriée à
l'égard des infractions commises par les jeunes, qui se
traduisent souvent par des mesures alternatives de sanction,
comme les travaux communautaires et des périodes
d'apprentissage.
Le message fondamental de la
politique sur la sécurité est le suivant : "Travailler
ensemble à la sécurité de Rotterdam".
3.5 Politique intégrée
sur la jeunesse
Le politique intégrée sur la
jeunesse incite tous les habitants de Rotterdam à mobiliser
toutes leurs forces et leurs qualités pour aider tous les
enfants et les jeunes de 0 à 24 ans à atteindre
l'indépendance sociale et à participer positivement à la vie
sociale.
À Rotterdam, le nombre des
jeunes a augmenté considérablement au cours des dernières
années. Le pourcentage des jeunes de 0 à 24 ans est
présentement de 30,2 %, et on prévoit qu'il atteindra 31,3
% en 2011. Les jeunes tendent à devenir plus forts physiquement,
sans que leur état psychologique suive le rythme; environ un
jeune sur cinq éprouve des problèmes psychologiques ou sociaux
plus ou moins graves. Ces problèmes disparaîtront sans doute au
cours des ans dans la plupart des cas, sauf pour un sur dix
d'entre eux. Ces jeunes continueront à éprouver des
difficultés et à poser des problèmes pour la société, à
moins qu'on intervienne à temps. Cette situation est confirmée
entre autres par l'envergure de la criminalité juvénile, du
vandalisme, du chômage des jeunes et du décrochage scolaire.
Étant donné l'augmentation
importante du nombre de jeunes des minorités ethniques, et
l'aide dont ils ont besoin pour s'intégrer à la société
néerlandaise, des efforts supplémentaires visant ces jeunes
sont un des fers de lance de la politique intégrée sur la
jeunesse.
Il est essentiel de savoir ce que
les jeunes pensent de la politique qui les concerne. Des groupes
de jeunes dans les écoles, et des conseils d'enfants se
réunissent dans des discussions sur la conception et la gestion
des terrains de jeux. Le Groupe consultatif de la jeunesse et le
Conseil des jeunes de Rotterdam, qui donne des conseils
sollicités et non sollicités sur les décisions municipales,
sont des exemples de participation des jeunes. Cette
participation leur permet de donner leur avis sur les questions
qui les touchent directement.
Voici les quatre principaux
éléments de la politique intégrée sur la jeunesse :
* politique de
prévention jeunesse
* jeunesse et sécurité
* école élargie
* travail, revenu et prise en charge
* loisirs et sport
L'objectif du Projet de
prévention jeunesse est d'empêcher l'émergence ou le
développement de certaines situations qui pourraient faire
naître des problèmes émotifs ou comportementaux chez les
enfants ou les jeunes vulnérables, et qui risquent de se
poursuivre dans les étapes futures de leur vie et d'entraîner
des répercussions graves pour eux-mêmes, leur environnement et
la société. Pour y arriver, on a mis sur pied des projets
visant certains contextes de développement, comme la famille,
l'école et le cercle social. On vise aussi à augmenter la
compétence des travailleurs des services de garde pour enfants
et des cliniques pour bébés. Le principe de base de ces projets
est l'habilitation : les adultes, les jeunes, mais aussi les
professionnels, doivent être en mesure de déceler, de prévenir
ou de résoudre les problèmes. C'est là que le Projet de suivi
jeunesse joue un rôle crucial. Ce projet vise à enregistrer le
développement psychosocial de tous les jeunes de Rotterdam à
divers âges. Ces données sont analysées et transmises aux
parents, aux écoles et aux autorités municipales. Les services
de santé municipaux mettent au point différentes formes
d'intervention appropriées pour traiter divers problèmes selon
les groupes d'âge.
Le programme Jeunesse et
sécurité vise à réduire les comportements délinquants et
délictueux. L'objectif est de prévenir le désordre causé par
les jeunes dans les endroits publics et de réduire le nombre
d'infractions (graves) commises par des jeunes.
Le programme École élargie
incite les écoles à conclure des partenariats dans le but de
mieux préparer les jeunes de Rotterdam à la société de
demain. Ces partenaires peuvent être des travailleurs sociaux,
des policiers, des employés du système judiciaire, des
travailleurs socioculturels, des travailleurs communautaires, des
employés de terrains de jeux, sans mentionner les parents.
L'École élargie est fondée sur le principe de l'éducation
efficace dans un climat scolaire efficace. Autrement dit, il
s'agit de porter attention au développement socio-émotif et à
la compétence sociale des enfants, aux relations entre les trois
milieux de vie des enfants, la maison, l'école et les loisirs,
et de reconnaître que l'école ne peut pas tout faire et a donc
besoin d'alliés avec lesquels elle peut travailler, en utilisant
les forces des jeunes, des enseignants et des organisations.
Le programme Travail, revenu
et prise en charge vise à appliquer une approche "à
toute épreuve" au problème de chômage des jeunes. Un de
ses aspects importants est qu'il offre aux jeunes la chance
d'acquérir de l'expérience de travail grâce à des emplois
particuliers. Ils gagnent un salaire et se qualifient pour le
marché du travail.
Le programme Loisirs et sport
organise des cours d'initiation visant à proposer un éventail
de choix de sports et de passe-temps.
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