Metropolis est un réseau international favorisant la recherche comparative et l'élaboration de politiques publiques sur la migration, la diversité et l'intégration des immigrants dans les villes au Canada et dans le monde entier Search image1 Search image 3
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Le Projet international de Metropolis coordonne un ensemble d'activités exécutées par des membres d’organisations de recherche et d’élaboration de politiques publiques qui partagent l’objectif d’améliorer les politiques sur l’immigration par l’application des résultats de la recherche universitaire.

 
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LES MIGRATIONS ET LA POLITIQUE SUR LES GRANDES VILLES À ROTTERDAM

 

1. Migrations vers les Pays-Bas et Rotterdam

1.1 Histoire

Les migrations sont aussi anciennes que l'humanité. Il n'existe pas de preuve d'immigration vers les Pays-Bas avant la venue des Bataves, qui sont entrés dans le pays à Lobith il y a environ deux milles ans, mais il est certain qu'il n'était pas rare de voir des immigrants en grand nombre aux Pays-Bas à partir de la fin du seizième siècle. Au début du dix-septième siècle, on estimait que plus de dix pour cent de la population néerlandaise était née à l'étranger. Au cours de la guerre de Quatre-Vingt ans, de nombreux immigrants (y compris des ouvriers) sont arrivés à Rotterdam en provenance de Flandre. Ils ont été suivi de nombreux autres, comme les Huguenots de France, les réfugiés juifs d'Espagne et d'Europe de l'Est et des travailleurs émigrants d'Allemagne et de Belgique. Au cours de l'Âge d'or (17siècle), de grandes communautés d'immigrants ont été fondées dans notre pays.

Après la Deuxième Guerre mondiale, un grand flot d'immigrants originaires de l'Indonésie et des Moluques est d'abord venu de l'ancienne colonie des Indes néerlandaises; les immigrants des Moluques se sont majoritairement regroupés dans des "quartiers" ou des "camps". Sont ensuite arrivés les "travailleurs invités", qui, du moins au cours des premières années (les années cinquante), étaient souvent mal logés et avaient laissé leur famille derrière eux. La plupart venaient de Turquie, du Maroc, d'Espagne et du Cap-Vert. Au cours des années soixante, on a mis fin au système de recrutement au hasard des "travailleurs invités", parce que le gouvernement voulait améliorer leurs conditions de vie et leur situation sociale, souvent médiocres. On a donc conclu des marchés avec les gouvernements des pays d'origine (Grèce, Yougoslavie, Maroc, Portugal, Espagne, Tunisie et Turquie), dans l'intention de retourner les travailleurs invités dans leur pays d'origine une fois le contrat échu. Au début, de nombreux travailleurs sont effectivement repartis. Ces travailleurs étaient habituellement des hommes peu instruits qui occupaient des postes subalternes, pour lesquels on ne trouvait pas de travailleurs néerlandais, comme dans l'industrie métallurgique et le secteur de l'entretien. Il s'agissait d'emplois où le travail était difficile, salissant et monotone et les heures irrégulières.

Le recrutement officiel a cessé suite à la crise du pétrole de 1973, mais la croissance du nombre de travailleurs étrangers s'est cependant poursuivie. Nombre d'entre eux ont décidé d'emmener leur famille à Rotterdam. Au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, des Surinamiens et des Antillais en nombre important sont arrivés aux Pays-Bas, attirés en partie par la prospérité du pays. Mais des travailleurs très qualifiés sont aussi venus d'autres pays industrialisés, grâce à la situation économique favorable des Pays-Bas. Il s'agissait principalement d'Allemands, de Belges et d'Anglais. Depuis la fin des années quatre-vingt, le nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile accueillis à Rotterdam a augmenté considérablement, selon les chiffres du gouvernement central, en raison d'événements politiques survenus sur la scène internationale. En 1995, 30 000 demandeurs d'asile sont arrivés à Rotterdam.

1.2 Situation actuelle

Chômage

Les nombreux travailleurs invités ou travailleurs étrangers (Turcs, Marocains, Espagnols, Portugais) sont arrivés aux Pays-Bas, et par conséquent à Rotterdam, au cours d'une période (années cinquante, soixante, soixante-dix) où il existait une grave pénurie de main-d'œuvre. On les a expressément invités à venir aux Pays-Bas. Cependant, en raison de facteurs comme la diminution du travail non spécialisé et l'automatisation progressive, il s'est produit un manque de travail pour les ouvriers non qualifiés au cours des années quatre-vingt, particulièrement à Rotterdam. Les Pays-Bas ont connu une reprise économique au cours des dernières années et une baisse du chômage général, mais cette reprise a été moins marquée à Rotterdam. À l'heure actuelle, de nombreux résidents de Rotterdam se retrouvent sans emploi rémunéré et doivent avoir recours à l'aide sociale. Il existe un surplus de travailleurs non qualifiés et peu qualifiés et les migrants sont surreprésentés dans ces deux groupes.

Parmi ceux inscrits comme chômeurs (juillet 1996), 44 % proviennent de minorités ethniques, alors que 22 % de la population active à Rotterdam est d'origine autre que néerlandaise. Du nombre total des chômeurs, 36 % sont d'origine ethnique, les groupes les plus importants étant originaires du Surinam (12,2 %) et de Turquie (10,3 %), du Maroc (6,3 %), des Antilles/Aruba (3,8 %) et du Cap-Vert. Les chercheurs d'emploi d'origine ethnique sont plus jeunes (21 % de moins de 25 ans) que ceux d'origine néerlandaise (15 % de moins de 25 ans). Parmi ceux qui ont recours à l'aide sociale fournie par le ministère des Services sociaux et de l'emploi (54 000), 29 % sont de nationalité autre que néerlandaise et plus d'un tiers ont moins de 30 ans. La proportion correspondante de ressortissants néerlandais est de 25 %. La conclusion est que le chômage chez les minorités ethniques est disproportionnellement élevé, soit de deux à quatre fois plus élevé que parmi la population autochtone. De plus, les travailleurs d'origine ethnique sont surreprésentés dans les secteurs inférieurs du marché du travail. Leurs possibilités d'avancement sont limitées, ce qu'on relie au niveau de scolarité en moyenne moins élevé des membres des minorités ethniques (surtout les Turcs et les Marocains), et qui s'applique aussi dans une grande mesure aux plus jeunes d'entre eux, même si leur situation s'améliore. Diverses études ont révélé que la discrimination a un effet négatif sur la situation des jeunes provenant de minorités ethniques qui cherchent du travail.

Fossé des générations

La réunification des familles a commencé au cours des années soixante-dix. Ainsi, une génération complète a grandi en ayant beaucoup plus de contacts avec la langue et la culture des Pays-Bas que celle qui l'a précédée, par le biais de l'école par exemple. Les membres de la "deuxième génération" et plus tard, de la "troisième génération", nés aux Pays-Bas, tendent à se sentir plus à l'aise au sein de la culture néerlandaise que dans celle du pays d'origine de leurs parents, ce qui entraîne souvent des conflits.

La réunification des familles a aussi entraîné l'arrivée des épouses des hommes qui étaient venus seuls aux Pays-Bas. Dans les collectivités turques et marocaines en particulier, les femmes plus âgées mènent une vie solitaire. Souvent, elles ne parlent pas le néerlandais, ont peu de contacts à l'extérieur du foyer et aucun travail rémunéré. Les femmes plus jeunes, et certainement celles de la troisième génération, se sentent plus néerlandaises que turques ou marocaines et souvent, maîtrisent mal la langue de leurs parents.

L'Islam et la mosquée jouent un rôle important dans la vie de nombreux Turcs et Marocains, en termes de culture comme de religion. La mosquée est un lieu de rencontre, comme un café ou une maison de thé. L'arrivée plus ou moins massive de migrants "traditionnels" à Rotterdam a pris fin au cours des années quatre-vingt-dix. Les réfugiés et les demandeurs d'asile viennent maintenant du monde entier.

Logement

À Rotterdam, la plupart des immigrants se sont établis, par nécessité ou non, dans les quartiers datant d'avant la guerre. Nombre d'entre eux vivent dans des logements à l'étage, dans le premier et le deuxième anneau de rénovation urbaine autour du centre. Dans un grande nombre de rues et de quartiers de la ville, les membres des minorités ethniques sont plus nombreux que les néerlandais d'origine. Certains secteurs de quartiers sont habités uniquement par des membres de minorités ethniques, ce qui peut créer des tensions avec les résidents d'origine. Comme les familles marocaines et turques sont de très grande taille, les logements sont souvent trop petits et beaucoup de familles sont forcées de vivre à l'étroit. Habituellement, il leur est impossible d'acheter leur propre maison. Grâce au programme de revitalisation urbaine de grande envergure mis en œuvre à Rotterdam au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, la qualité des logements, y compris ceux des migrants, n'est en général pas mauvaise.

1.3 Les cinq principaux groupes de migrants

Surinamiens

Le flot des Surinamiens arrivant aux Pays-Bas s'est accéléré lorsque la colonie néerlandaise du Surinam a obtenu son indépendance en 1975. De nombreux résidents du Surinam ont quitté leur pays parce qu'ils craignaient les soulèvements ethniques et espéraient trouver une vie meilleure dans le pays des anciens colonisateurs. Le coup d'État militaire dirigé par le sergent D. Bouterse en 1980 a aussi entraîné de nombreux départs vers les Pays-Bas.

Le 1er janvier 1996, il y avait environ 47 000 ressortissants du Surinam à Rotterdam. Ils provenaient de différents groupes ethniques, comme les Hindous, les Créoles et les Javanais. Quatre-vingt-treize pour cent (93 %) des Surinamiens de la ville possèdent la citoyenneté néerlandaise et 67 % ne sont pas nés à Rotterdam.

Ils vivent souvent dans les banlieues plus récentes de Rotterdam, construites à partir des années soixante. Par comparaison avec la population d'origine, ils tendent à vivre plus dans des appartements à l'étage et moins dans des maisons familiales.

La plupart d'entre eux connaissent très bien la langue et la culture néerlandaises, puisque le néerlandais est la principale langue parlée dans les écoles du Surinam. Les Surinamiens de Rotterdam sont relativement jeunes : 69 % d'entre eux ont moins de 35 ans. Les 47 000 Surinamiens sont répartis dans 10 293 familles, dont 6 358 sont monoparentales.

Entre eux, les Surinamiens parlent les langues qu'ils parlaient dans leur pays ou qu'ils ont apprises de leurs parents, comme le taki-taki ou le hindi. Près de 20 % d'entre eux sont analphabètes et 11 % semi-analphabètes. En résumé, la situation de l'éducation des Surinamiens est la suivante : en 1988, 43 % des enfants du niveau primaire poursuivaient des études secondaires de deuxième cycle et 34 % des études secondaires de premier cycle. Ils ne terminent pas tous leurs études dans l'école de leur choix.

La participation des Surinamiens au marché du travail est de 66 % pour les hommes et de 49 % pour les femmes. Pour l'ensemble de la population, les taux sont de 69,4 % et de 45,2 % respectivement. (La population active est composée des personnes de 15 à 64 ans qui travaillent au moins douze heures par semaine ou cherchent du travail.)

Parmi les Surinamiens inscrits comme chômeurs, 30,7 % n'ont pas de formation professionnelle de base, 17,5 % ont suivi des cours de niveau mbo (formation professionnelle intermédiaire), havo (secondaire général) ou hbo (pré-universitaire) et 5 % de niveau wo (université) ou hbo (formation professionnelle supérieure). Dans le cas des Néerlandais, ces proportions sont respectivement de 24,7 %, 19,7 % et 15 %. Une étude faite en 1995 révèle que 41,6 % occupent un emploi rémunéré (Néerlandais, 42,7 %). On ne dispose d'aucune donnée fiable sur le recours à la sécurité sociale, puisque le ministère des Affaires sociales et de l'emploi n'inscrit pas les clients en fonction de leur nationalité. À Rotterdam, environ 93 % des Surinamiens ont la nationalité néerlandaise, et on dispose donc de peu de données sur le groupe comme entité distincte. En juillet 1996, 54 000 personnes recevaient de l'aide sociale dans la région. On ne dispose pas de données fiables sur leur santé puisque les établissements de santé enregistrent rarement la nationalité.

Turcs

Le deuxième groupe en importance est celui des Turcs (environ 36 000 personnes au 1er juillet 1996). Ce groupe, constitué à l'origine de travailleurs à contrat, s'est traditionnellement concentré dans les anciens quartiers urbains rénovés, dans le premier et le anneau autour du centre. Ce qui les unit, particulièrement la génération plus âgée, est la culture islamique. Ils comptent aussi un groupe relativement important de petits entrepreneurs, comme des boutiquiers. Les Kurdes forment un groupe distinct, avec sa propre langue et sa propre culture.

Les Turcs possèdent la nationalité néerlandaise dans une proportion de 36 %, et 61 % d'entre eux ne sont pas nés à Rotterdam. La proportion des jeunes est importante: 77 % ont moins de 35 ans. Les Turcs de Rotterdam sont répartis en 8 748 familles, dont 1 045 sont monoparentales. Entre eux, les Turcs tendent à parler turc ou un dialecte apparenté et les Kurdes parlent leur propre langue. Les jeunes, ceux de la troisième génération en particulier, parlent habituellement moins bien le turc que leurs parents.

On estime que 80 % des hommes turcs de plus de 36 à 40 ans, les plus vieux ou les travailleurs migrants de la première génération, et 90 % des femmes, sont (semi)-analphabètes en néerlandais. Parmi les hommes de moins de 36 ans et ceux de la deuxième génération, près de 35 % et 45 % des femmes sont semi-analphabètes en néerlandais. Chez les Turcs plus âgés, 25 % des hommes et 40 % des femmes sont (semi)-analphabètes en turc, ce qui a des conséquences négatives sur l'apprentissage du néerlandais, parce que ceux qui maîtrisent déjà mal leur propre langue trouveront encore plus difficile d'en apprendre une nouvelle.

Cinquante-deux pour cent (52 %) des enfants turcs de niveau primaire poursuivent leurs études de base de niveau secondaire. Sept pour cent (7 %) des étudiants turcs de niveau secondaire quittent l'école choisie pour une école de type différent (étudiants néerlandais, 4 %).

Chez les Turcs, 54 % des hommes et 14 % des femmes participent au marché du travail. Parmi ceux inscrits comme chômeurs auprès des services de placement, 56 % ne possèdent pas de formation professionnelle de base, 11 % ont une scolarité de niveau mbo, havo ou vwo et 2,4 % de niveau hbo ou wo. Une étude de 1995 indique que 18 % des Turcs interrogés occupaient un emploi rémunéré.

Marocains

Au 1er janvier 1996, il y avait environ 25 000 Marocains à Rotterdam. Ce sont des travailleurs migrants qui ont de nombreuses similarités avec ceux de la communauté turque. Pour eux aussi, la culture islamique est un facteur d'unification.

Chez les Marocains, 27 % ont la nationalité néerlandaise, et 65 % ne sont pas nés à Rotterdam. Dans ce groupe aussi, le pourcentage des jeunes est élevé : 78 % ont moins de 35 ans. La communauté marocaine est composée de 4 892 familles, dont 545 sont monoparentales. La famille ne se limite habituellement pas au père, à la mère et aux enfant; les grands-parents habitent souvent avec eux.

Les jeunes vivent souvent dans deux cultures, celle du foyer et celle de la rue et de l'école. Cela crée souvent des conflits : des choses qui ne sont pas permises à la maison le sont ailleurs. Les statistiques de la police indiquent qu'un nombre relativement important de jeunes Marocains comptent parmi les personnes arrêtées pour un type quelconque d'infraction.

On pense que chez les Marocains, plus de 80 % des hommes plus âgés et 95 % des femmes sont (semi)-analphabètes en néerlandais. Chez les plus jeunes, ces pourcentages sont respectivement de 60 % et de 70 %. Dans leur propre langue (Arabe standard, qui n'est pas habituellement leur langue maternelle), 70 % des hommes plus âgés et 90 % des femmes plus âgées sont (semi)-analphabètes. Chez les plus jeunes, ces pourcentages sont de 45 % pour les hommes et de 55 % pour les femmes. Dans 56 % des cas, les enfants marocains de niveau primaire poursuivent des études secondaires de base. Huit pour cent (8 %) des étudiants marocains de niveau secondaire quittent l'école de leur premier choix pour un type d'école différent.

Cinquante pour cent (50 %) des hommes et 18 % des femmes participent au marché du travail. Le niveau de scolarité des Marocains inscrits comme chômeurs est le suivant : 63 % ont moins que l'éducation secondaire de base, 8 % ont une formation de niveau mbo, havo ou vwo et 2,7 % de niveau hbo ou wo. Selon un sondage de 1995, il semble que 23,1 % des Marocains occupent un emploi rémunéré.

Cap-verdiens

Les Cap-verdiens forment un groupe assez particulier. La communauté cap-verdienne de Rotterdam est la deuxième en importance en Europe, après celle de Lisbonne, avec ses 13 500 membres au 1er janvier 1996. En termes de nationalité, ils forment un groupe restreint, avec 15 000 personnes au total. Les premiers Cap-verdiens sont arrivés à Rotterdam dans la première moitié des années cinquante; la plupart étaient marins. Ils s'embarquaient à Rotterdam et habitaient dans des maisons de chambres entre leurs voyages. Suite à l'indépendance des Iles du Cap-Vert du Portugal en 1975, il s'est produit une nouvelle vague d'émigration. Il ne s'agissait plus de marins, mais par exemple, de décrocheurs, de petits fonctionnaires et de professeurs. On a aussi commencé la réunification des familles. Les immigrants cap-verdiens sont aussi appelés les "migrants silencieux". On sait peu de choses d'eux et ils sont très discrets.

Un fait étonnant est que 85 % d'entre eux ont la nationalité néerlandaise, ce qui fait qu'il est difficile de les distinguer dans les statistiques. Soixante-cinq pour cent (65 %) des Cap-verdiens ne sont pas nés à Rotterdam et 65 % ont moins de 35 ans. La communauté comprend 3 053 familles, dont 1 369 sont monoparentales. Ils parlent portugais, crioulo et néerlandais. On estime que 80 % des Cap-verdiens de plus de 40 ans peuvent à peine lire et écrire. Parmi les jeunes de moins de 30 ans, environ 30 % peuvent sans doute lire le crioulo, mais non l'écrire.

Cinquante-deux pour cent (52 %) des enfants cap-verdiens du niveau primaire poursuivent des études secondaires de base et 2 % finissent par quitter l'école qu'ils ont choisi. La participation au marché du travail se situe très près de la moyenne, soit 67 % pour les hommes et 48 % pour les femmes. Cinquante-sept pour cent (57 %) des Cap-verdiens qui cherchent du travail possèdent moins qu'une formation professionnelle de base, 9,3 % ont une formation de niveau mbo, havo ou vwo et 0,89 % de niveau hbo ou wo. Selon un sondage de 1995, il semble que 67,9 % des Cap-verdiens occupent un emploi rémunéré, ce qui est très supérieur à la moyenne pour les Pays-Bas (42,7 %).

De nombreux Cap-verdiens vivent dans les zones rénovées de la ville, dans le premier et le deuxième anneau et dans des logements à l'étage dans des quartiers construits depuis les années soixante, dans le cinquième anneau.

Antillais

Le dernier groupe est celui des Antillais, qui sont venus d'un grand nombre d'îles appartenant (encore) aux Pays-Bas dans les Antilles, y compris Aruba, Bonaire et Curaçao. Au 1er janvier 1996, il y avait 11 700 Antillais à Rotterdam, et 76 % d'entre eux n'étaient pas nés à Rotterdam.

Soixante-treize pour cent (73 %) des membres de ce groupe ont moins de 35 ans. Les statistiques de la police indiquent que de nombreux jeunes Antillais ont déjà été arrêtés. La criminalité au sein de ce groupe a donné lieu à une politique particulière à l'égard des jeunes Antillais, qui s'applique principalement au quartier Hoogvliet, où vivent de nombreux Antillais et où on retrouve de nombreux immeubles d'habitation datant des années cinquante, soixante et soixante-dix.

Ce groupe de population comprend 2 242 familles, dont 1 713 sont monoparentales. Une caractéristique frappante est que la mère est la figure dominante de la famille (comme chez les Surinamiens et les Cap-verdiens). Les hommes vivent souvent ailleurs et ont des enfants avec plusieurs femmes.

La plupart des Antillais ne sont venus à Rotterdam qu'au cours des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, pour étudier ou pour travailler, par exemple.

Trente-sept pour cent (37 %) des enfants antillais de niveau primaire poursuivent des études secondaires de base et 47 % des études secondaires supérieures, ce qui est plus élevé que chez les autres groupes de migrants (Turcs, Marocains et Cap-verdiens). Le pourcentage élevé de décrocheurs au niveau secondaire est frappant, et 15 % changent de type d'école. La participation au marché du travail correspond à la moyenne, 65 % pour les hommes et 47 % pour les femmes. Parmi les Antillais qui cherchent du travail, 32 % n'ont pas de formation professionnelle de base. Selon un sondage de 1995, il semble que 44,4 % des Antillais occupent un emploi rémunéré, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne pour les Pays-Bas (42,7 %).

 

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