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LES MIGRATIONS ET LA POLITIQUE SUR LES
GRANDES VILLES À ROTTERDAM
APPENDICE 2 Taux de pauvreté
à Rotterdam
Les données suivantes ont été
tirées du rapport sur le taux de pauvreté à Rotterdam du
Centre de Recherche et de statistiques (COS), daté de juin 1995.
Ce rapport présente ces taux sur
une échelle de misère sociale des quartiers de Rotterdam.
On a tenu compte de huit
éléments, généralement liés d'une façon ou d'une autre à
la misère sociale, traduits en indicateurs numériques. Chacun
de ces indicateurs nous révèle un certain aspect de la misère
sociale. On peut supposer que le regroupement de ces indicateurs
nous donne une image aussi complète que possible.
On s'est servi des huit
indicateurs suivants pour constituer l'échelle :
1. niveau de scolarité
2. proportion de
résidents recevant de l'aide sociale
3. proportion de groupes
ethniques
4. mobilité (pourcentage
de déménagements)
5. revenu moyen
6. valeur économique des
logements
7. proportion de
résidents en chômage
8. taux de mortalité
L'échelle de misère sociale est
construite au moyen d'une analyse en principales composantes. Une
condition préalable à l'utilisation de cette analyse est que
les huit indicateurs, ou variables, sont assez fortement liés,
en termes statistiques. L'objectif de cette analyse est de
trouver un facteur responsable d'une proportion la plus élevée
possible de l'écart total. Dans ce cas, le premier facteur
établi dans l'analyse correspondait à 67,9 % de l'écart total.
On peut donc déterminer à raison, que ce facteur correspond à
un état général de dénuement.
La composante "proportion de
minorités ethniques" a été incluse dans l'échelle
seulement pour des raisons de corrélation statistique.
L'inconvénient est cependant que cette inclusion peut être
interprétée comme si la présence de groupes (ou de personnes)
d'origine ethnique dans un quartier est une cause de pauvreté.
C'est pour cette raison qu'on envisage maintenant d'exclure cette
composante des mesures futures de l'échelle de misère sociale.
Il faut tenir compte de certains
faits quand on étudie les taux de l'échelle de misère sociale.
Pour certains quartiers, les taux
semblent avoir changé énormément par rapport à des calculs
antérieurs. Dans la plupart des cas cependant, ces taux
concernent certains des plus petits quartiers de Rotterdam,
comptant moins de 1 000 habitants. Il semble que plus le nombre
d'habitants est petit, plus les fluctuations sont importantes.
Il faut aussi comprendre que
certains des indicateurs n'étaient pas disponibles pour ces plus
petits quartiers. Dans ces cas, il a fallu estimer la
contribution des indicateurs manquants.
Ces problèmes font que les taux
pour les quartiers comptant moins de 1 000 habitants
sont moins fiables.
Résultats
Les taux sont uniformisés : la
moyenne est de zéro et l'écart-type est de un pour l'ensemble
de Rotterdam; les taux ne peuvent donc servir qu'à des
comparaisons entre les quartiers de la ville. Les taux varient de
-2 (misère sociale) à +3 (absence de misère sociale). Près
des deux tiers des quartiers comptant plus de 1 000 habitants ont
un taux entre -1 et +1, comme on peut le voir dans le tableau
3.1. Le fait le plus frappant est qu'il y a plus de quartiers
ayant un taux extrêmement négatif (moins de -1) sur la rive sud
de la Meuse, et plus de quartiers ayant un taux extrêmement
positif (plus de +1) sur la rive nord de la Meuse.
Si on compare les taux de 1995
aux taux de 1980, on constate encore une différence entre la
rive sud et la rive nord de la Meuse. Sur la rive sud, il y a
apparemment plus de quartiers avec un taux plus faible que dans
les calculs précédents. Par ailleurs, sur la rive nord, il y a
plus de quartiers avec un taux supérieur. Pour l'ensemble de la
ville, le nombre de taux inférieurs et supérieurs est presque
égal (ce qui est une conséquence logique de l'uniformisation).
Quand on étudie l'évolution des
taux entre 1980 et 1995, on constate que les taux pour la plupart
des quartiers fluctuent au cours des ans : ils sont meilleurs une
année, pires la suivante. Seuls quelques quartiers démontrent
un accroissement ou une diminution stable de la tendance des taux
dans le temps. Presque tous les quartiers ayant un taux en
augmentation constante sont situés sur la rive nord de la Meuse,
et presque tous les quartiers ayant un taux en diminution
constante sont situés sur la rive sud.
Quand on étudie les taux pour
les secteurs de revitalisation urbaine, on peut dire que les taux
pour environ les deux tiers des secteurs de la "première
génération", désignés en 1974-1975, étaient plus
élevés qu'en 1980. Les secteurs de revitalisation de la
"deuxième génération", désignés en 1980, sont dans
une situation complètement différente. Environ les deux tiers
de ces secteurs ont un taux pire qu'en 1980. Cela pourrait être
attribuable au fait que la revitalisation urbaine dans les
secteurs de "deuxième génération" n'est pas vraiment
terminée.
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