Montréal : laboratoire de
cosmopolitisme entre deux mondes
2. Profil
général de l'immigration au Québec
Le Canada reste un des rares pays
industrialisés à accueillir une immigration internationale
importante. Au Québec, de 1946 à 1986, l'immigration a
constitué un apport migratoire considérable de
1 100 000 personnes (Québec (Province) - MCCI
1990 : 3). Le nombre d'immigrants admis a cependant beaucoup
fluctué au cours des années, comme le révèle la figure 1.
On notera tout particulièrement la hausse
significative des immigrants admis au tournant des années 1990.
Cette hausse est attribuable à un rattrapage dans le traitement
des dossiers de revendicateurs du statut de réfugié, ainsi
quà une hausse du quota visé par le Gouvernement du
Québec. Ce quota sera abaissé en 1992.
Par ailleurs, il faut savoir que le Québec
affichait jusquà tout récemment un taux de déperdition
substantiel des immigrants. Pour bon nombre d'entre eux, le
Québec ne représentait qu'une étape dans leur parcours
migratoire vers le reste du Canada ou vers les États-Unis. Entre
1946 et 1971, ce taux de déperdition dépassait les 40 %
(Gagné 1989 :155). Depuis 1995, il dépasse à peine les
23 % (Québec (Province) - MRCI, 1997).
Le Québec tout comme le Canada sélectionne
ses immigrants et diversifie les catégories d'admission. La
proportion d'immigrants admis au Québec comme indépendants
(sélectionnés selon leur niveau de scolarité, leur expertise
professionnelle, leur âge, leur connaissance linguistique et les
besoins du marché de l'emploi) de 1992 à 1996 est de
44,9 %; celle des immigrants admis sous le statut de parent
aidé est de 2,4 %; le statut de réunion des familles
regroupe 34,2 % des immigrants admis au Québec et les
titulaires du statut de réfugié représentent 20,9 % des
immigrants (Québec (Province) - MRCI, 1997). En 1978, le
Gouvernement du Québec se voit reconnaître les pleins pouvoirs
en matière de sélection des immigrants indépendants et, en
1991, il reçoit la pleine maîtrise des dépenses relatives à
l'accueil et à l'établissement des immigrants.
Nous verrons plus loin qu'une autre
caractéristique fondamentale de l'immigration admise au Québec
est sa diversité ethnoculturelle. Mais auparavant, il faut
insister sur le caractère essentiellement métropolitain de
l'immigration au Québec.
L'immigration
internationale : un phénomène métropolitain
Le Québec possède un des taux de
concentration de l'immigration internationale les plus élevés
en Amérique du Nord. En effet, au recensement de 1991, 88 %
de la population immigrée au Québec résidait dans la région
métropolitaine de Montréal. Sept immigrants sur dix étaient
établis sur l'île de Montréal et la seule ville de Montréal
abritait près de 40 % de l'immigration internationale du
Québec (tableau 1). Cette concentration de
limmigration dans la seule région de Montréal, qui
s'accentuait à chaque recensement depuis 1971, a des
conséquences très importantes à de multiples niveaux, la
question de l'immigration étant un des éléments qui distingue
la région métropolitaine du reste du Québec. Il faut noter
toutefois que les immigrants admis depuis 1991 semblent de moins
en moins nombreux à retenir Montréal comme région de
destination au profit des autres régions du Québec (Québec
(Province) - MRCI, 1996).
Par contre, la région montréalaise compte
proportionnellement moins d'immigrants que les autres métropoles
canadiennes : les immigrants, c'est-à-dire les personnes
nées à l'étranger, représentaient au recensement de 1991,
16,8 % de la population montréalaise, alors qu'ils
totalisaient 38 % de la population de la région
métropolitaine de Toronto et 30 % de celle de Vancouver.
Depuis 1991, le gouvernement du Québec tente avec un succès
mitigé d'encourager l'établissement des immigrants dans toutes
les autres régions du Québec par diverses mesures incitatives.
Mais il semble bien difficile d'inverser des tendances à la
concentration bien ancrées dans les parcours migratoires des
immigrants (Séguin et Termote, 1993).
Tableau 1 - Distribution de
la population immigrée 1991
| |
Ville de Montréal
|
Communauté urbaine de Montréal
(CUM)
|
Région métropolitaine (RMR) de
Montréal
|
Reste du Québec
|
Ensemble du Québec
|
| Effectif
de population immigrée |
233 175
|
411 865
|
520 535
|
70 675
|
591 210
|
| Population
immigrée en % de la population du Québec |
39%
|
70%
|
88%
|
12%
|
100%
|
| Importante
relative |
|
|
|
|
|
| Population
immigrée |
23%
|
24%
|
17%
|
2%
|
9%
|
| Population
non immigrée |
77%
|
76%
|
83%
|
98%
|
91%
|
| Population
totale |
100%
|
100%
|
100%
|
100%
|
100%
|
Source : Gouvernement du Québec
Québec (Province) Ministère des Communautés culturelles
et de lImmigration. (1993) Population immigrée
recensée dans les régions du Québec en 1991,
Montréal : Ministère des Communautés culturelles et de
lImmigration, collection Statistiques et indicateurs
no 4; Recensement du Canada de 1991, catalogue
no 95-326.
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