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Groupe de travail 1

Intégration des immigrants dans les nouvelles économies urbaines

Kathleen Newland

International Migration Policy Program, Carnegie Endowment for International Peace, USA

La discussion du Groupe de Travail n. 1 a porté sur cinq thèmes principaux. Pour chacun de ces derniers, plusieurs questions de recherche afférentes à la politique ont été identifiées. Le groupe de travail a également signalé trois caractéristiques générales supplémentaires pour définir le cadre de recherche du projet Metropolis et a fini par une discussion sur les questions méthodologiques.

Trois questions générales pour définir le cadre de la recherche :

  1. Pertinence de la politique: quel est le rôle joué par la politique de l’Etat lorsqu’il s’agit de donner une réponse aux questions suivantes ?
  2. Perspective comparative 
  3. Approche immédiate: se concentrer sur les problèmes des immigrants de la première génération.

Questions de recherche

I. Le rôle de l’Etat Providence / des structures fiscales / du fédéralisme.

  1. Quel est l’impact de l’intervention de l’Etat Providence sur la mobilité, le style de vie et l’intégration des immigrants ? Comparez les expériences et les politiques des pays européens, des Etats-Unis, du Canada et des autres pays.
  2. Le secteur informel / le secteur de l’économie souterraine : quel est le rapport de ce secteur avec l’immigration ? Comment influence-t-il l’intégration des immigrants dans l’économie urbaine ? Comment la politique de l’Etat gère-t-elle ce qui n’est pas documenté ?
  3. Quel est l’impact de l’immigration sur les finances publiques de la " ville globale " ? La fourniture de services aux immigrants (éducation, formation linguistique, soins médicaux, logement) relève souvent des budgets municipaux, alors que les contributions fiscales des immigrants finissent dans les caisses de l’Etat. Quelles sont les réponses possibles en termes de politiques à ce paradoxe ? La proposition 187 de la Californie et les projets de loi étasuniens sur l’immigration et la sécurité sociale nient tout service aux immigrants ; la taxe " de débarquement " au Canada ; les politiques d’intégration d’Israël, etc.
  4. Les formes et les niveaux différents (municipal, national) de financement public et de fourniture de services, quel impact ont-ils sur la perception publique / communautaire de l’immigration ? Les nouveaux immigrants sont-ils subventionnés (Israël) ou taxés (Canada) ?

II. Le rapport entre les immigrants et les travailleurs locaux au chômage ou peu qualifiés.

  1. Quelles sont les caractéristiques spécifiques des populations locales urbaines qui font la différence lorsqu’il s’agit d’évaluer les effets de l’immigration sur les natifs ? Composition raciale, niveau de formation professionnelle, tranche d’âge, etc.
  2. Dans quels secteurs économiques les immigrants font-ils de la concurrence aux populations locales ? Quels sont les effets de la forte densité d’immigrants dans certaines villes sur les salaires, la syndicalisation et la sécurité sociale ?
  3. La méthode de l’immigration sélective a-t-elle un impact sur l’intégration ?
  4. Pourquoi et jusqu’à quel point les nouveaux emplois de la nouvelle économie urbaine qui ne requièrent qu’un faible niveau de formation sont-ils pris par les nouveaux immigrants au lieu d’être destinés aux populations locales peu qualifiées ?

III. Globalisation / intégration des économies nationales / restructuration de la main d’oeuvre

  1. Quel est le rapport entre la restructuration de la main d’oeuvre nationale (suite à la globalisation) et les flux d’immigration ? Comment les politiques, influencent-elles ce rapport ? Par exemple, le régime de contrôle des frontières entre les Etats-Unis et le Mexique n’a guère modifié la structure macro-économique ni les motivations à la base de la migration. Quelle politique pourrait les modifier ?
  2. Dans quels secteurs / quelles industries les immigrants ont-ils tendance à se concentrer ? Quel est l’impact de l’immigration sur la structure économique de la ville d’accueil ? Sur sa compétitivité ?
  3. Quel est le rapport entre l’immigration " haut de gamme " provoquée par la globalisation et l’immigration " bas de gamme " entraînée par cette même force ?
  4. Comment les immigrants contribuent-ils à développer les opportunités commerciales du pays d’accueil et à faire de la ville d’accueil un centre de commerce international ?

IV. Questions et politiques afférentes à la première génération / deuxième génération et calendriers politiques. L’intégration à partir de la deuxième génération est la preuve incontestable de la réussite du processus d’immigration et permet à l’immigration de faire un pas de géant. Mais, en fait, ce sont les questions afférentes à la première génération (concurrence économique avec les populations locales, gène culturelle, politique de la langue, coût des services d’intégration) qui déterminent la politique de l’immigration – ainsi que les interventions en matière d’immigration.

  1. Comparez les dynamiques de la première et de la deuxième génération en Europe et en Amérique du Nord.
  2. Quel est le poids relatif de l’attrait économique par rapport aux autres sources d’attraction (réseaux ethniques, compatibilité culturelle) dans les villes qui attirent les immigrants ? Les marchés de l’emploi réagissent-ils à la présence de concentrations d’immigrants ou bien les flux d’immigration répondent-ils au caractère du marché urbain de l’emploi ?

V. Réseaux ethniques / esprit d’entreprise des immigrants

  1. Besoin d’un plus grand nombre de travaux empiriques sur le caractère et l’étendue de la formation professionnelle des immigrants par rapport aux populations locales.
  2. Quel est l’impact sur la ville globale de l’esprit d’entreprise des immigrants ? Revitalisation des quartiers urbains, du secteur de production urbain ?
  3. Les entreprises des immigrants sont-elles plus importantes en tant que moyens de création de richesse / mobilité vers le haut ou en tant que mécanismes de pure survie dus à l’absence d’autres opportunités ?
  4. Quels sont les effets de la dépendance des réseaux ethniques sur la mobilité à long terme des immigrants ? La niche ethnique est-elle un outil de promotion ou un piège ?
  5. La dépendance des réseaux ethniques est un phénomène typique des pays d’accueil anglo-saxons ? De groupes spécifiques d’immigrants ?
  6. Quelle est la nature des enclaves ethniques (économiques ou résidentielles) : positive et spontanée ou bien négative et produit de l’exclusion ?

Questions méthodologiques

  1. Etudes sur la deuxième génération. Les immigrants de la deuxième génération, qui par définition sont nés dans le pays d’accueil, se considèrent-ils comme une population d’immigrants ?
  2. Terminologie. Qu’entendons-nous par " immigrant " ? Né à l’étranger ? Non-citoyen ? Ethnique ?
  3. Etablir un distinguo entre les différents groupes d’immigrants : ayant un statut légal, raisons de l’entrée (regroupement familial, réfugié, soutenu par un employeur, affaires, etc.), classe économique, pays d’origine, sexe, pays de destination.
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