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Préface

Marco Lombardi

Fondazione Cariplo I.S.MU., Italie

Au fur et à mesure que la fin du siècle approche, les mouvements migratoires du sud de la planète acquièrent une importance croissante d’un point de vue politique, économique et culturel.
Cela est particulièrement vrai pour les grandes villes européennes, puisqu’elles sont la principale destination des immigrants.
Les grandes villes, y compris les villes italiennes comme Milan, Naples, Rome et Turin, sont autant de pôles d’attraction pour le flux incessant des immigrants. Le nombre des étrangers résidant en Italie est inférieur à la moyenne européenne, mais – comme dans bien d’autres pays européens – leur distribution n’est pas uniforme. Le recensement de 1991 a montré qu’environ 30% des immigrants vivent dans des villes ayant plus de 500 000 habitants. En fait, les plus grandes concentrations se situent à Milan, Naples, Rome et Turin.
Comprendre le rapport entre les phénomènes migratoires et les administrations municipales est un défi politique important, un défi que toutes les sociétés développées se doivent de relever. Cependant, les sociétés en question n’ont pas encore élaboré des interprétations sérieuses de la situation qui leur permettrait d’acquérir des outils efficaces pour y faire face. En bref, la question du rapport entre les nouveaux groupes ethniques et les économies urbaines s’avère prioritaire tant pour les chercheurs que pour les élus.
Les recherches menées par l’ISMU ces dernières années ont montré que les politiques publiques visant à résoudre les problèmes associés à la présence des immigrants et faisant appel au contexte plus large de la gestion urbaine sont très différentes les unes des autres. Ces différences, qui se manifestent au niveau des contenus, de l’inspiration et des objectifs, mènent à l’association contrôle/répression d’une part et à l’intégration de l’autre.
En outre, le phénomène de la migration n’est qu’un aspect, quoique complexe, d’une situation bien plus compliquée qui met en jeu quantité d’autres forces dans les grandes villes des démocraties développées.
C’est précisément pour réfléchir sur ces questions, en prenant en considération tous les aspects les plus complexes, et pour avancer des hypothèses sur la gestion des espaces urbains, que l’Italie a décidé de prendre part au Projet Metropolis. Dans ce but, les gouvernements italien et canadien ont signé un accord bilatéral et un comité directeur a été constitué en Italie avec la participation du ministère des Affaires Sociales, du CNEL (Conseil National pour l’Economie et l’Emploi) et de la Fondation ISMU Cariplo. Ces trois importantes institutions représentent respectivement le gouvernement, la recherche publique et la recherche privée.
Dans un esprit de recherche et de service, l’Italie a décidé de devenir le siège de la première conférence Metropolis à Milan en novembre 1996. Vingt pays, 4 organisations internationales et plus de 300 intervenants y ont participé.

Ce volume réunit une série d’interventions présentées lors de la Conférence. Après la présentation des objectifs du Projet Metropolis par le Comité Directeur International, composé de Guido Bolaffi, Meyer Burstein et Demetrios Papademetriou, les phénomènes migratoires des grandes villes sont placés au centre du débat international par le Ministre de l’Environnement du Canada, M. Sergio Marchi. Les nombreuses facettes de la question, spécifiques et complexes, animent la journée centrale de la Conférence, dont nous vous proposons les exposés introductifs (André-Clément Decouflé, Ynge Georg Lithman, Marie McAndrew and Morton Weinfeld, Saskia Sassen, Roger Waldinger) et les conclusions des groupes de travail (Baha Abu-Laban, Carla Collicelli, Kathleen Newland, Steve Vetorvec). Pour finir, Demetrios Papademetriou tire de cette Première Conférence des indications utiles pour orienter le Projet International dans un proche avenir.

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