Le Projet ionternational Metropolis
 

     
 

Les aspects Economiques de la migration



Vendredi 1er octobre, 9h00-10h30

Panel 7: La migration actuelle de main-d’œuvre – comment devrait-elle être gérée, et dans l’intérêt de qui?

PANELISTES
• Manolo Abella, Organisation internationale du Travail

• Guido Bolaffi, Chambre des petites entreprises (Italie)
• Adrian Wymann, Office fédéral de l’immigration, de l’intégration et de l’émigration (Suisse)

• Karunadasa Hettiarachchi, Président du Bureau de l'emploi étranger (Sri Lanka)
• Ben Jupp, Chef de l’Unité de politique stratégique (GB)

Modérateur
Meyer Burstein, Metropolis International (Canada)

En ce début de XXIe siècle, la migration de main-d’œuvre, ou les mouvements transfrontaliers de personnes en quête de travail, a rejoint les préoccupations les plus urgentes à l’ordre du jour politique de nombreux pays d’origine, de transit et de destination. Les bénéfices potentiels de telles politiques – pour les pays concernés par ce phénomène et pour les migrants eux-mêmes – sont énormes : les marchés du travail vieillissants et en rétrécissement des pays développés y gagnent de nouveaux travailleurs, l’excédent de main-d’œuvre des pays en développement est utilisé de façon productive, et les migrants ont accès à des salaires qui autrement ne seraient pas à leur portée. Le défi consiste à gérer cette migration de main-d’œuvre d’une manière qui soit équitable, durable et conforme aux principes de la démocratie libérale. Le panel examinera les paramètres de la migration actuelle de main-d’œuvre en commençant par poser puis en tentant de répondre à des questions stratégiques fondamentales : comment tirer le meilleur parti possible des aspects positifs de la migration de main-d’œuvre et comment décourager la migration irrégulière ? Quels investissements devrait-on entreprendre, et quelles incitations devrait-on offrir aux migrants pour s’assurer de ne pas reproduire les erreurs des programmes de migration de main-d’œuvre temporaire mis en place dans le passé ? Quels changements sont nécessaires pour que soit prise en compte la féminisation croissante de la main-d’œuvre migrante ? La solution réside-t-elle dans les programmes préconisés par plusieurs États protecteurs qui permettent à des migrants temporaires à long terme d’accéder à certains avantages et d’acquérir un statut permanent? Comment les résultats des programmes de migration de main-d’œuvre temporaire se situent-ils par rapport à ceux des programmes de migration de main-d’œuvre permanente proposés par des pays comme le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ? Enfin, et peut-être s’agit-il de la question la plus importante, quelles implications le fait de confiner les travailleurs migrants dans des emplois temporaires et généralement peu qualifiés risque-t-il d’avoir, à long terme, sur un certain nombre de considérations stratégiques, notamment la construction de sociétés tolérantes ?



Vendredi 1er octobre, 11h00-12h30
Panel 8: Amnisties et programmes de régularisation : quels sont les enseignements des vingt dernières années?

PANELISTES
•" Raphaël Girard, ancien collaborateur du Département Citoyenneté et Immigration (Canada)
• Demetrios Papademitriou, Migration Policy Institute (USA)
• Marco Lombardi, Fondation ISMU (Italie)

Modérateur
Rinus Penninx, Institute for Migration and Ethnic Studies (Pays-Bas)

La plupart des amnisties et des programmes de régularisation en Europe, en Amérique du Nord et en Australie ont été mis en place pour remédier à l’incapacité des systèmes d’asile et de migration de ces pays de gérer le volume et la complexité du phénomène de la migration irrégulière, notamment les arrivées de migrants sans papiers, les dépassements de visa de longue durée et la question des demandeurs d’asile. Les autorités nationales ont réagi à cette incapacité en durcissant les contrôles d’entrée, en simplifiant les procédures d’asile, en augmentant les ressources consacrées au traitement des demandes et en réduisant les prestations fournies aux demandeurs. Le plus souvent, ces mesures se sont accompagnées d’amnisties et de programmes de régularisation. Ces amnisties ou quasi-amnisties avaient pour but de supprimer les listes de dossiers en attente qui avaient abouti à l’échec des systèmes originaux. Sans cette suppression, les nouveaux demandeurs d’asile seraient venus grossir les listes de dossiers en souffrance et les systèmes révisés, conçus principalement pour accélérer le traitement des dossiers, auraient été tués dans l’œuf.
Les systèmes de traitement révisés sont fondés sur des hypothèses universellement admises concernant le comportement des migrants et leur sensibilité aux pratiques des pays d’accueil. L’hypothèse la plus importante veut que de longs délais de traitement – dus au nombre important de demandeurs – incitent de nombreux migrants à demander l’asile et à dépasser la durée de leur visa. Par ailleurs, il est communément admis que les migrants sont au courant du durcissement des mesures, que ce durcissement a sur eux un effet dissuasif et que l’attrait d’une hypothétique amnistie s’en trouve ainsi annulé.
Curieusement, malgré l’ampleur du problème et des ressources qu’il réclame d’y consacrer, peu de travaux ont été réalisés pour vérifier ces hypothèses. Le panel examinera les éléments empiriques sur lesquels sont basées les amnisties et les procédures d’asile. Il aura pour objectif de définir des mesures qui soient à la fois équitables et capables de faire reculer la migration irrégulière, en gardant à l’esprit que le système mondial de détermination du statut de réfugié a été acquis de haute lutte.

 

 

 
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