PANELISTES • Dimitria Clayton, Centre national pour
l’immigration (Allemagne)
• Mariette Grange, Commission Internationale Catholique pour
les Migrations
• Sarah Khalfallah, Consultante (Suisse)
• Minh Son Nguyen, Avocat / Université de Lausanne (Suisse)
Modération
Rupert Colville, Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
Pourquoi nos sociétés discriminent-elles et que pouvons-nous
faire contre cela ? La plupart du temps, cette question est posée
et traitée d’un point de vue psychologique ou moral. Assez
naturellement, les solutions qui sont avancées sont axées
sur les droits, sur le devoir individuel, sur l’éducation
du public et sur des remèdes qui vont d’un accès
facilité aux institutions sociales et économiques à la
justice réparatrice. Mais ces mesures, en se focalisant exclusivement
sur la discrimination en tant que « mal » à combattre,
font l’impasse sur des questions plus fondamentales : pourquoi
la discrimination apparaît-elle à l’origine ? Quelles
circonstances contribuent-elles à son apparition ? Survient-elle
et fonctionne-t-elle de la même manière dans des contextes
différents, notamment dans des contextes politiques différents
? Nos sociétés ne pourraient-elles pas trouver des moyens
de s’attaquer non pas aux symptômes de la discrimination
mais à ses causes ?
Une clef importante pour comprendre le phénomène de la
discrimination et apprendre à le contrer nous est fournie par
des travaux empiriques menés récemment, en particulier
aux États-Unis, qui indiquent que la diversité ethnique
d’une société et la confiance qui existe entre ses
membres sont deux facteurs inversement proportionnels. Parallèlement,
des recherches menées dans d’autres pays – dont certaines
s’appuient sur des données comparatives de plusieurs pays – tendraient à suggérer
que la gouvernance, c’est-à-dire les qualités démontrées
par les gouvernements, la manière dont ils gouvernent et les relations
qu’ils entretiennent avec les citoyens, peuvent réduire
l’écart entre ces deux facteurs. Le panel approfondira ce
thème de la gouvernance ainsi que les grandes options structurelles
qui s’offrent aux sociétés pour lutter contre la
discrimination et gérer le conflit social.
Jeudi 30 septembre, 11h00-12h30 Panel
6: Migration et santé – une gestion au-delà des frontières
PANELISTES • Bience Philomina Gawanas, Commissaire
aux affaires sociales, Union africaine
•
Zoltán Vokó, Ministère de la Santé et
des Affaires Sociales et Familiales (Hongrie)
•
Louis Loutan, Unité des maladies tropicales, HUG Genève
(Suisse)
• Rodreck Mupedziswa, Université du Zimbabwe (Zimbabwe)
Modératrice
Danielle Grondin, Organisation internationale pour les migrations
Les nouveaux
problèmes complexes posés par les maladies et les mauvaises
conditions de santé dont peuvent souffrir les populations migrantes
et mobiles, et leur évolution, exigent un réexamen constant
des politiques et pratiques relatives à la santé des migrants.
La mobilité a des répercussions non seulement sur la santé
des personnes en mouvement mais aussi sur celle des communautés
dans lesquelles ces personnes s’installent, par lesquelles elles
transitent ou vers lesquelles elles retournent.
La propagation du virus du HIV/sida, en particulier en Afrique, l’apparition
de formes de tuberculose résistantes aux médicaments, la
récente flambée du SRAS et la grippe aviaire ont provoqué
dans la communauté internationale une prise de conscience des liens
existant entre migration et santé et renforcé les préoccupations
concernant la gestion de la santé, amenant certains spécialistes
à évoquer une « politique mondiale de santé
publique ». De même, pour que les migrations aboutissent à
quelque chose de positif, il faut une interprétation globale de
la santé dans ce domaine qui aille au-delà du simple contrôle
des maladies infectieuses aux frontières et inclue les maladies
chroniques non infectieuses, les questions de santé mentale et
la compréhension des questions liées aux droits à
la santé et aux droits humains. Un consensus est en train de s’imposer
sur le fait que les gouvernements devraient adopter des stratégies
de santé plus larges, s’étendant au-delà des
frontières nationales et régionales. L’idée
est que la gestion de la santé a plus à voir avec celle
de l’environnement qu’avec de nombreux autres domaines. Pour
que les interventions sanitaires soient efficaces, elles devront dépasser
les limites des frontières nationales pour inclure les sociétés
d’accueil et de transit ainsi que les migrants eux-mêmes.
Certains des avantages que présentent de telles stratégies
sont évidents. D’autres le sont moins. Le panel s’efforcera
de dessiner les contours d’une politique de santé stratégique.
Quelles questions devrait-elle traiter ? Quels partenariats devrait-on
établir ? Et comment les stratégies de santé mondiales
devraient-elles être financées et gérées ?
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